‹ La liberté des cultesChapitre 92 sur 116 · SUR LA RELIGION CHEZ LES ROBIAINS · texte numérisé non relu

SUR LA RELIGION CHEZ LES ROBIAINS

Le discours de Cicéron ad Pontifices confirme tout ce qu'a dit Montesquieu sur la politique des Romains dans la religion. Voici le début de ce discours; je demande que, pour un moment, on veuille bien supposer ces paroles adressées à l'assemblée du clergé d'un de nos États modernes : a Qitum multa divinitus, pontifices, a majoribus nostris inventa atque instituta sunt : tum nihil prœclarius, quam quod vos eùsdem et religionibus deorum immortalium , et summœ reipublicœ prœesse voluerunt : ut amplissimi et chrissimi cives rempubUr cam bene gerendo, pontificbs religiones sapienter interpaetando, rempublicam conservarent Vobis Iiodiemo die constituent

dum est, utrum posthac ameutes ac perditos magistratus

RSUGIONB ARMARE MALITIS. D (CiC. ùd Poutif, , CSp. I.)

Et plus loin :

« Equidem sicaccepifpontifices, in religionibus suscipiendis, caput esse, interprbtari , qjjm voluntas deorum imhortaliuml esse viDEATUR. » (Gic. ad Pontif,, cap. XLI.)

Il est aisé de conclure de tout le discours dont nous avons extrait ces passages que la fonction du sacerdoce (dignité toute, civile) était de fixer le sens des croyances populaires, de leur donner un sens. On tâchait de ramener ces croyances à la morale dans les cas ordinaires, à la politique dans les affaires d'État. C'était la religion de TËtat dans toute sa grossièreté.

NOTE XXVII, page 224.

• SDR LE DROIT DU GOUVERNEMENT SUR l'iNSTRUCTION PRIMAIRE.

. Il est indispensable ici de distinguer deux choses que Ton pourrait aisément confondre : le droit du gouvernement sur l'instruction religieuse , et son droit sur l'instruction primaire.

. Certains États ont astreint leurs citoyens à faire donner à leurs enfants l'instruction primaire dans des écoles établies à cet effet; ils en ont fait une obligation civique, et ont soumis à des peines ceux qui ne la remplissaient pas. Si, dans l'état actuel de la civilisation, il est nécessaire que le peuple possède un certain degré d'instruction ; si les individus qui en sont privés sont exposés à mille pièges tendus à leur crédulité, à mille tentations qui ne sont dangereuses que pour rignorance; s'il n'y a de vraie indépendance, de vraie liberté que pour un peuple instruit; si lui seul est susceptible d'a- 'voir et capable d'exercer des droits politiques ; si la démagogie et l'anarchie ont peu de prise sur une population sagement cultivée, on ne peut douter que le gouvernement, en

3U SbiÛ.

exjgëâtii l'iristfu'ëtibti, hé âdiîtië iitle ^Mvk âe s& ^énërosiié et de la hauteur de ses vues.

Tout est donc bienfait dans cette contrainte, od pldtôt dans ce secours. La classe inférieure de la société n'irait point d'elle-même à Tinstructionj et ne le i>ourrait; elle se trouverait déshéritée^ à son insu, d'un droit que le» autres classes exerceraient contre elle; les légitimes rapports de la société seraient rdni^us ; k Civilisation, t|di se inàtiiffesie essehtietleiiient dans cette équitable ptopo'rtiôn entré les éÉérentes classes de là société, n'existerait paâ; et le t)eu(ile, bieii loin d'applaudir au don d'une liberté fuiiëéte, serait en droit d'imputer à TÉiat; avec là dégradation de ses facilités, sa déchéance politique devenue inévitable. Du somiilèt dé là société, c'est-rà-dire du milieu des hommes éclairée et patriotes, partiraient aussi des plaintes et des reproches, de ce que le gouvernemeiit a couVë poiir l'anarchie, la démoralisation et les révolutions sanglantes, une masse d'bommes qui, par suite de leur ignorance, deviendront la première proie des agitateurs, et l'instrUnient naturel dès révbfte^ et fle l'oppression. Celte contraitite apparente est toute au profit de la liberté; et il n'y a que les goiiverrierifièrits qui n'aiment pas la liberté, qui puissent négliger l'instructiod du peuple, ou, comme oîi lé voit; lé faire positivement instruire dans l'ignorance. Du reste, l'instruction primaire iï'a point pour but d'iticulquer des opinions, fii de dominer là conscience. Bornée à l'usage des contiaissances élémentaires, h lecture, l'écriture et les rudiments du calcul, elle n'est qu'un insttument de bien-être et de développement, que l'État met ^ntre les mains des citoyens sans leîir en prescrire l'usage.

NOTE XXVIII, page 232.

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