‹ La liberté des cultesChapitre 94 sur 116 · LETTRE SUR LA TOLERANCE PAR LOCKE · texte numérisé non relu

LETTRE SUR LA TOLERANCE PAR LOCKE

Voici quelques passages de cet excellent écrit :

a On ne saura qu'au dernier jour, lorsque la cau3e jd^

la

NOTES. 3i9

séparation qui e$t entre les clirétiens viendra à être jugée, lequel des partis opposés a eu raison dans ces disputes, et leque) d'eux a été coupable de schisme ou d'hérésie, si c'est le parti dominant pu celui qui souffre. Assurépient peux qui suivent Jésus-Christ, qui emJ)rQsseni s^ doctrine et qui portent ^n jpuç^ pe seront point alors jugés hérétiques, quoiqp'ils aient abandonné père et mère, et qu'ils ^ient renoqcé aux assçmblée3 publiques et aux cérémopie^ de leur pays, ou à tout^ ^u(re chose qu'il vous pjajra. »

{Page 7 de la !frqduction.)

a Lorsque le Prince de la paix envoya ses soldats pour subjuguer Ips nations et les faire entrer dans son Église, il ne les arma ni d'épées, ni d'aucun instrumei^t charnel, mais il les revêtit de l'Évangile de paix et de la sainteté des moeurs. »

{Page ii.)

a VÉtat est une société d'hommes établie dans la seule vue de se procurer les uns aux autres la conservation et l'avancement de leurs intérêts civils. — J'appelle intérêts civils la vie, la liberté, la santp du corps, la possession des biens extérieurs, tels que sont l'argent, les terres, les maisons, les meubles et autres choses de celte nature. » {Page 14.)

« Par Église, j'entends une société d'hommes qui se joignent volontairement ensemble pour seryir Dieu en public, et lui rendre le culte qu'ils jugent lui être agréable, et propre à leur faire obtenir le salut. Je dis que c'est une société libre et volontaire, etc. » {Page 22.)

a Vous me demanderez peut-être : Quelle vigueur donc restera-t-il aux lois ecclésiastiques, et comment sera-t-il possible de les faire exécuter, si l'on en bannit toute sorte de contrainte? Je réponds qu'il leur restera la même force qui convient aux choses dont l'observation extérieure est inutile, si elle n'est accompagnée de la persuasion du cœur ; en un mot, les exhortations, les avis et les conseils sont les seules armes que cette société emploie pour retenir ses membres dans le devoir, etc. » {Page 31 .)

320 NOTKS.

fit II faut conserver inviolablement à celui qui est à^^Mme autre religion tous les droits que Thumanité et la société <3/vile demandent. {Page 34.)

a Vous ne devez pas dépouiller votre frère des biens de cette vie, parce que vous croyez qu'il ne jouira pas de oelle qui est à venir. » (Page 35.)

a Si l'on admet une fois que l'empire est fondé sur la grâce, et que la religion se doit établir par la force et par les armes, on ouvre la porte au vol, au meurtre et à des animosités éternelles; il n'y aura plus ni paix ni sûreté publique^ et l'amitié même ne subsistera pas entre les hommes. »

(Page 42.)

a C'est confondre le ciel avec la terre que de vouloir uoir ces deux sociétés, qui sont tout à fait distinctes, soit p^ rapport à leur origine, soit par rapport à leur but ou à leCi^ intérêts. » (Page 45.)

a Entre tous les rois des Juifs, combien n'y en eut-il ç>^ qui abandonnèrent le culte du vrai Dieu, et qui auraient ^ ^' gagé dans l'idolâtrie et la perdition tous les Israélites qui ^^^ raient eu la faiblesse de leur rendre une obéissance aveugla ' *

(Page 58.)

« A supposer même que la doctrine du magistrat soit '^ meilleure, et que le chemin qu'il ordonne de suivre soit 7 plus conforme à l'Évangile, malgré tout cela, si je n'en s^-*^ pas persuadé moi-même du fond du cœur, mon salut n' ^^^ est pas plus avancé. » (Page 62.)

« J'appelle ces sociétés religieuses (plus haut définies) ^*-^ églises, et je dis que le magistrat les doit tolérer, parce qu'eli ne font autre chose que ce qui est permis à tous les hor=^ ^^ mes en particulier, c'est-à-dire, avoir soin du salut de âme.» {Page 6^.)

ou

SXABIEN DES PRINCIPES SOUTENUS DANS LE MÉMOIRE EN FAVEUR DE LA LIBERTÉ DES CULTES.

Ne fusons rien par un esprit de contestation ni par Taine gloire.

ÉrtTBB AUX PHiLmnifs, II, 3.

Monsieur et cher ami (1),

Je m'acquitte aujourd'hui d'une tâche que j'aurais désiré vous remettre , et dont vous vous seriez chargé par zèle et par amitié si les circonstances vous l'avaient permis. Je l'entreprends, sans espérer de dédommager le public de votre silence, mais aussi sans craindre l'espèce de défaveur attachée au rôle d'un écrivain qui Vient réclamer contre les critiques dont il a été l'objet. Je sais que l'apologie, en matière littéraire, touche de trap près à l'éloge, et que l'éloge de nos propres œuvres est trop près du ridicule, pour que nous ne courions pas l'un ou l'autre de ces dangers , ou de manquer notre but par trop de réserve, ou de scandaliser par

(1) L'aïui auquel cette Lettre à un ami a été adressée, est M. le pasteur Louis Bumier, de Morges. (Éditeurs,)

trop de présomption, ou de déplaire par une modestie affectée. Mais je pease ne m' exposer à aucun de ces dangers dans la revue que je vais commencer aujourd'hui des principes de mou Mémoire et des raisonnements par lesquels on les a attaqués. Je laisse de côté tout ce qui regarde T écrivain, non pas toutefois sans remercier sincèrement les critiques des avis qu'ils m'ont donnés ; je néglige la forme ou l'exécution, qui est de moi, pour m' occuper du fond ou des idées, qui ne m* appartiennent pas. Car, à proprement parler, je n'ai rien inventé ; je n'ai fait que mettre en œuvre des vérités de sens commun ou d'expérience ; ces vérités, ce n'est pas moi ; leur force n'est pas ma force, et leur grandeur n'est pas un mérite qui me soit propre. Je puis donc les défendre aujourd'hui comme je les ai soutenues hier, sans être réduit aux détours d'une feinte modestie. Les défendre, c'est simplement rentrer dans la lice, non pour y réclamer le prix d'un premier combat, mais pour en livrer un second.

Attaqué de plus d'un côté, et par d'habiles adversaires, attaqué dans les idées qui font la force de ma cause, n'ai-je pas lieu de craindre que celte cause même n'ait perdu de sa bonté aux yeux d'un certain nombre de mes lecteurs? Entre ceux mêmes qui m'ont le plus volontiers accordé leur adhésion, n'en est-il pas qui me l'auront retirée? Et convaincu que je l'avais légitimement obtenue , ne dois-je pas faire tout ce qui dépend de moi pour m'en remettre en possession? Il y va de bien plus ici que du succès d'un livre et de la réputation d'un auteur.

Ayant d'aborder les principes exposés dans Touyrage, il faut nous placer en dehors de toutes les ques tions qui se rattachent à ces principes, et donner notre attention à une critique si générale qu'elle ne va pas à moins qu'à détruire d'un coup l'ouvrage entier. Je veux parler de celle qui se rapporte à la manière dont j'ai conçu le sujet.

Je devais, selon le critique (1), m'attacher aux rapports d'Église à Église, et prêcher la tolérance en première ligne, en ne traitant que d'une manière subordonnée le sujet de la liberté des cultes.

Le second de ces sujets est le seul qui ait été mis au concours. Il a été proposé par M. le comte Lambrechts ; mais quand cet homme d'État ne l'aurait pas offert à l'émulation des écrivains , la voix publique le recommandait dès longtemps à leur attention. Ce sujet est tout à fait de notre temps. Le souvenir des longues agitations qu'a produites rintx)lérance dans tous les pays du monde, avait conduit les esprits à désirer un ordre légal plus favorable à la paix ; d'un autre côté, la vue d'un état florissant fondé sur cette base et y puisant la plus grande partie de sa force, avait donné, pour ainsi dire, un corps aux théories des philosophes ; le même principe, proclamé dès l'aurore de la Révolution française, recueilli comme un précieux legs par le puissant héritier de la République, devenu enfin une des conditions du pacte par lequel se rattachait à la France nouvelle la race de ses anciens rois, ce principe, sanctionné par une expérience assez longue pour être dé-

(1) M. G. do Félice, dans le Nouveliiste Vaudois^ des 2 et 27 février 1827 .

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^î\ LEtTRR A Ulf AMt.

cisive, était devenu rhabitude et le besoin d'une grande nation; et les craintes que, dans ces derniers temps, elle conçut pour ce droit important , n'avaient servi qu'à le lui faire apprécier davantage. D'ailleurs, la science du droit public, enfant des révolutions sanglantes aussi bien que des méditations paisibles, s'était s enrichie de vérités nouvelles qui en changeaient la face ; ces vérités, constatées les unes après les autres, en m appelaient une dernière comme leur complément né- — cessaire ; la liberté civile , légalement constituée, ten- — dait la main à la liberté religieuse. Dans de telles cir- — constances, la voix d'un mourant, dont les efforts d'une ^ intolérance renaissante avaient affligé les derniers re- — gards, s'élève et fait appel aux amis de la cause qui i *i l'intéresse. Exprime-t-il un vœu mal assorti aux cir- — '^' constances, sans rapport à notre temps, sans liaison Mrm avec les besoins de l'époque? La liberté des cultes Jes^ est-elle une question à l'ordre du jour parmi les peuples, ou une question qui ne leur inspire aucun intérêt? J'en fais juge le lecteur.

Pour moi, qu'intéressaient à ce sujet et ma propre

conviction et les circonstances de mon pays, je me ^*®

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