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COMMENT LA LIBERTÉ DES MERS DOMINE LE PROBLÈME DES ARMEMENTS NAVALS

La maïîtrise de la mer appartient à la nation qui a construit la marine la plus puissante. Seule, une flotte supérieure par le nombre et la qualité des navires, permet de conquérir l’hégémonie des mers. C’est grâce à sa suprématie navale que la Grande-Bretagne a pu, dans les temps passés, dicter au monde sa volonté.

Les Etats-Unis s’insurgent contre cette domination. Ils ne veulent pas que leur commerce dépende des intérêts britanniques. Aussi, cherchent-ils à créer une flotte susceptible de protéger leur marine marchande — to support commerce — c’est-à-dire à constituer une force navale qui ne le cède à aucune autre (1). La compétition angloaméricaine est ainsi créée. Le colonel House (2) avait dit au Premier Britannique : « Si l'Angleterre n’accepte pas

(4) Talbot. The Navy American Needs Current History, Avril 1933, DL (2) Esprit International, 1931, p. 400.

cet article sur la liberté des mers, les Etats-Unis construiront une flotte très puissante, si puissante que l’Angleterre ne pourra plus jamais faire ce qu’elle voudra sur mer, une flotte telle que le peuple américain la désire depuis longtemps ».

La course aux armements surgit dès que s'affrontent les intérêts contraires des deux puissances. A l'inverse, elle s'arrête dès qu’un accord politique rapproche les deux nations. Toutefois les deux puissances anglo-saxonnes sont obligées de tenir compte des progrès des marines des autres nations qui redoutent cette suprématie et convoitent une part de cette domination de la mer si fructueuse pour les détenteurs.

Un accord sur la liberté des mers semble permettre d'éviter une course générale aux armements. La répartition des forces navales sera faite en harmonie avec les besoins des nations. Sur la manière dont peut être réalisée la liberté des mers, deux cas peuvent être distingués :

Dans le premier, la liberté des mers est strictement respectée, telle qu’elle est prévue dans les quatorze points du Président Wilson. La sécurité collective doit être, alors, réalisée effectivement. Toute compétition d’armements navals ou terrestres est arrêtée puisque l’organisation de la paix est résolue. L'élément essentiel de la sécurité collective réside dans l’efficacité des sanctions contre l’agresseur. La coopération internationale se fait sentir par une pression économique qui, pour la plupart des états, peut entrainer logiquement un blocus pacifique. Les forces navales doivent être suffisamment importantes pour obtenir la pleine réussite des mesures pour la paix.

En dehors de toute idée de coopération internationale des conventions peuvent délimiter la liberté des mers. Il

sera toujours précieux aux belligérants d'acquérir la maitrise de la mer. La marine joue un rôle militaire de première importance et l'issue heureuse de la guerre peut dépendre des opérations navales. Cependant le rôle de pression économique reste primordial dans l’action de la marine de guerre. La rivalité anglo-américaine ne réside pas dans une menace réciproque de conquêtes. Chaque pays a des intentions pacifiques : il ne peut cependant admettre le sacrifice des avantages que lui confère sa politique internationale. Une entente sur les lois de la mer ferait cesser la compétition anglo-américaine et, par là, aurait une influence sur le problème des armements en général.

Il faut noter qu’une entente sur les lois de la guerre maritime, sauf si elle comporte un renoncement presque complet des droits des neutres, est délicate. La guerre prend un caractère de lutte totale, et l’abandon d’une chance de succès, tel que l’arrêt du ravitaillement ennemi, semble peu compatible avec les tendances modernes.

Ainsi la liberté des mers domine le problème des armements navals, et c’est à ce point de vue qu’il convient d'examiner l’évolution des forces des marines durant ces dernières années,

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