FLOURENS
faire, c'est ce qu'on ne fait pas. Il n'est point un gouvernement qui y songe. Parlez aux gouvernements de la conquête d'un peuple, parlezleur de la punition de l'homme, ils vous écouteront, ils vous comprendront! Mais ne leur parlez point de la culture de l'homme! Ils ne vous écouteraient ni ne vous comprendraient. C'est un langage encore trop nouveau pour eux. Aussi, ne me fais-je aucune illusion, et sais-je parfaitement que je parle pour n'être pas entendu, que j'écris pour n'être pas lu, que je sème pour ne voir rien germer, rien pousser, rien récolter. Mais c'est en vain que je me le dis, c'est en vain que je me le répète; ce qui prouve, une fois de plus, que l'être pensant n'a pas plus la liberté de ne point porter d'idées que l'arbre fruitier n'a la liberté de ne point porter de fruits, que ces fruits doivent ou non être cueillis ; ce qui prouve que Vauvenargues a approché de la vérité, quand il a écrit : t C'est dans la puissance
* de nous mouvoir de nous-même, selon les lois » de notreêtre, que consistela liberté. Il n'y a que
* l'être incrééqui puisse être indépendant. . .Corn*
l'homme né sans jugement ou grandi sans culture portera devant la loi pénale la responsabilité de ce fait de nature ou de ce fait de société, je suis logiquement contre la Liberté.
Par ce mot de liberté , si Von entend que Phomme aura le pouvoir de faire tout ce que ne .condamne pas sa raison plus ou moins bornée, plus ou moins étendue, plus ou moins éclairée, je suisconséquemment pour la Liberté . C'est cette liberté que j'ai toujours invoquée pour tous et contre tous, aussi bien pour mes ennemis dans l'opposition que contre mes amis dans le gouvernement , que ce gouvernement se nommât in* distinctement Royauté, République, Empire, c'est cette liberté que j'ai toujours invoquée pour tous les vaincus contre tous les victorieux, c'est cette liberté que j'invoque encore.
Le 51 décembre, la Gazette de France reproduisait, d'après le journal V Union, la lettre suivante :
« Paris, le 28 décembre 1856.