‹ La liberté et le devoirChapitre 112 sur 205 · II. LK UliVOlK. — LA IIN iJliHMKKE UK l'uOMMK ::i · texte numérisé non relu

II. LK UliVOlK. — LA IIN iJliHMKKE UK l'uOMMK ::i

Ainsi ces doux vérités : l'honiine est fait i)oiir le devoir, riionime est fait pour le bonheur, loin de s'opposer, se combinent en se subordonnant dans une harmonieuse unité. Car il n'y a pas deux fins, il n'y en a qu'une.

Il nous reste à montrer un troisième côté du même problème ; ces deux fins elles-mêmes se subordonnent à une lin supérieure encore plus haute : la gloire de Dieu.

Le but suprême que Dieu s'est proposé en nous "i

... L'hiiiiiine

imposant le devoir et en nous promettant le bonheur, «si créé

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a ete de gloriner son saint nom. G est la un nouveau oioire point de vue qui achèvera de nous éclairer sur la destinée de l'homme.

La gloire, qui consiste à être connu et loué, suppose des qualités éminentes dans celui qui est glorifié; et, dans ceux qui glorifient, la connaissance, l'estime, la louange de ces qualités.

Quand donc j'affirme que Dieu nous a finalement créés par sa gloire, je veux dire qu'il nous a créés pour nous manifester ses perfections infinies, et pour recevoir de nous l'estime et la louange qui leur sont dues.

Rien de plus raisonnable. Le père n'a-t-il pas droit d'attendre des fils qu'il a engendrés l'honneur et le respect? Le bienfaiteur insigne n'a-t-il pas droit à la reconnaissance ? L'artiste, rhomrae de génie, à l'admiration et à la célébrité ? Or Dieu est père bien plus que toutes les créatures qui participent à sa paternité ; il est l'auteur de tous les biens ; il est l'artiste suprême dont le chef-d'univre inimitable défie tous les artistes et tous les savants.

Or la gloire de Dieu sera le résultat naturel du de-

consé- voir accompli. L"homme qui se soumet au devoir diTewIr honore, en effet, la majesté du maître qui l'impose,

accompli. „ i ' i • i • i ,

confesse sa propre dépendance, incline tout son être devant la sagesse du Tout-Puissant, et c'est là précisément glorifier Dieu. Rien ne peut le glorifier autant en ce monde que de voir un être intelligent et libre humilier devant Lui son orgueilleuse'raison et sa fière liberté. Et s'il nous était donné de voir, non seulement un homme, mais l'humanité tout entière s'inclinant ainsi librement et avec pleine conscience devant la sagesse et la puissance de son Dieu, nous comprendrions tout ce que vaut de gloire à Dieu cette acceptation libre du devoir. Il n'est point d'hymne comparable à cette harmonie des intelligences et des cœurs librement soumis à la loi du devoir. Consé- La gloire de Dieu sera aussi la conséquence natu- "'Sr" relie de notre bonheur, comme elle l'est de notre sou- ''""Se"'^ mission au devoir. Soit parce qu'un cœur noble et gérhomnie. J^^^.ç^x trouve son bonheur et sa gloire à faire des heureux, soit parce que notre béatitude doit consister précisément à connaître, aimer, louer les perfections divines, selon toute la capacité et l'énergie de nos puissances. Or n'est-ce pas là le plus haut degré de gloire que nous puissions rendre à Dieu ?

Il est donc bien vrai que nous sommes créés pour la gloire de Dieu. Qui que nous soyons, chétives créatures, nous sommes investis de la noble mission de le glorifier. Oh ! comme cette mission relève à nos yeux le devoir, comme elle embellit le bonheur ! Synthèse Lc dcvoir n'est plus une servitude, un abaissement dSières. humiliant et pénible ; il est un acte de religion, un hymne de louange et de gloire, dont rien n'égale l'expression et la beauté. Servir Dieu, c'est régner: cui servire regnare est.

Le bonheur, s'il n'eût tourné qu'au profit égoïste

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