‹ La liberté et le devoirChapitre 113 sur 205 · II. LE DEVOIR. — I,A FL\ UEKNIÈRE UE l'uOMME · texte numérisé non relu

II. LE DEVOIR. — I,A FL\ UEKNIÈRE UE l'uOMME

de l'homme, eût perdu de ses charmes ; il eût été découronné et llétri. lui vérité, ce n'eût pas été la peine de tant travailler, uniquement pour de si chétives créatures ; mais en travaillant pour elles et pour nous, nous travaillons pour la gloire de Dieu, qui veut bien trouver son bonheur et sa gloire à faire des bienheureux, à associer d'indigentes créatures au festin de sa béatitude : Salus creafurœ lucinun est Creatoris.

La gloire d(3 Dieu projette ainsi sur le devoir et sur le bonheur de l'homme des clartés nouvelles, qui transfigurent et agrandissent les horizons de cette terre, et rehaussent infiniment le prix de notre vie.

Lorsqu'on a bien compris ces trois mots, les plus A'*™^"beaux du langage humain : le Devoir, le Bonheur, la inoiogie. Gloire de Dieu, on a compris quelle est la fin de l'homme, unique et triple à la fois. Ces trois mots expriment Dieu lui-même : Dieu obéi, Dieu possédé. Dieu glorifié. Ils expriment aussi la hiérarchie et l'ordre des ascensions de l'âme vers son Dieu : le bonheur est la suite du devoir ; la gloire de Dieu est la suite de l'un et de l'autre, c'est le terme final inséparable des deux premiers.

Le bonheur pour le bonheur eût été un odieux égoïsme; le devoir pour le devoir, un formalisme stoïque et chimérique. Mais le bonheur par le devoir et pour la gloire de Dieu, c'est une ambition bien ordonnée et légitime ; plus que cela, c'est une ambition obligatoire que nous ne pouvons décliner, car c'est l'ordre voulu de Dieu, ordre qu'il ne peut même pas ne pas vouloir, parce que tel est l'ordre essentiel et raisonnable des choses, que notre bonheur soit subordonné au devoir et à Dieu, comme à son principe et à son terme.

Admirable sagesse des conseils de Dieu, qui a ainsi concilié ce qui paraissait inconciliable : l'amour du

bonheur et du bien absolu, les intérêts de l'homme et les intérêts de Dieu, qui semblent désormais confondus ou si indissolublement unis, que l'homme pourra dire à son gré qu'il est créé ou pour le Devoir, ou pour le Bonheur, ou pour la Gloire de Dieu, — ces trois mots devenant synonymes, ou exprimant trois aspects de la même réalité : Dieu se communiquant à l'homme dans le temps et dans l'éternité, dans répreuve et la béatitude.

Quelques Malgré son élévation et sa beauté incontestables, qui en font encore mieux ressortir la vérité, cette doctrine de la fin de l'homme a soulevé dans l'esprit de plusieurs adversaires quelques difficultés auxquelles nous tenons à répondre brièvement. Et d'abord, certains partisans du progrès indéfini sSn' nous ont demandé s'il ne vaudrait pas mieux n'assioner aucun terme final à l'ascension humaine vers la perfection et le bonheur: ce qui serait la négation même de la fin dernière que nous venons d'établir. L'homme serait toujours en voie d'arriver et n'arriverait jamais.

Notre réponse sera différente, suivant qu'on voudrait appliquer l'idée de progrès indéfini à l'humanité elle-même prise dans son ensemble, ou bien à chaque individu.

Dans le premier cas, nous pourrions demeurer indifférents, devant la croyance au progrès sans fin de l'humanité, puisqu'elle ne touche pas à notre thèse de la destinée individuelle de chaque homme. Nous ferons remarquer toutefois que si la loi du progrès est incontestable, — et c'est sur cette loi supérieure aux individus que nous nous sommes ai)puyé nousmême pour démontrer le fait de la Providence divine,

difficultés

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