‹ La liberté et le devoirChapitre 116 sur 205 · II. LF DKVOIII. — LA FIN DRRMKRK ItK l'iIOMMF · texte numérisé non relu

II. LF DKVOIII. — LA FIN DRRMKRK ItK l'iIOMMF

Mais il y a plus, et nous croyons que la pensée de ^^^^ notre fin dernière, si elle était plus liaiiitnelle à l'es- "'««• prit des hommes, serait un puissant ressort de civilisation et de progrès, soit moral, soit môme matériel. Quel est, en eiïet, le grand obstacle à la constance de ces progrès, sinon la paresse, l'inconduite, l'immoralité, en un mot tons ces désordres que seule la pensée de notre fin dernière et des sanctions éternelles peut arriver à endiguer et à réprimer. Le Sage disait : < pensez à votre fin dernière et vous ne pécherez jamais >. Il avait mille fois raison. Tous les désordres et tous les crimes qui enrayent la marche de la prospérité des peuples, viennent de ce qu'on n'y pense plus, et, ce qui est pire encore, de ce que l'on n'y croit plus, au moins d'une foi pratique.

Que si, dans une nation, l'immense majorité des ci- son roie

1, 1 social.

toyens étaient vraiment convaincus que telle est leur fin dernière, s'ils savaient lever leur tète vers le ciel, au lieu de la tenir constamment courbée sur la matière, ils seraient des hommes de devoir, fidèles à tous leurs devoirs individuels et sociaux, partant ils seraient laborieux et tenaces au travail intellectuel ou manuel, amis de la sobriété, de l'ordre, de l'épargne, de la discipline et de toutes les vertus civiques, ils seraient aussi patients et courageux dans les épreuves et les soufi"rances de la vie. Cette nation aurait des citoyens d'élite, dont les forces naturelles seraient ainsi centuplées pour l'avancement des lettres, des sciences, des arts et de l'industrie, en un mot pour toutes les grandes œuvres qui font les peuples puissants et prospères.

C'est en regardant briller l'étoile polaire quele matelot avance vers le port ; c'est en l'oubliant qu'il court aux abîmes.

lerresire.

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inulile II est donc inutile, comme l'ont fait certains penunc fin seurs, d'ajouter à la fin céleste, qui est notre fin dernière, une fin secondaire et subordonnée, une fin terrestre, pour ainsi dire, qui serait la prospérité delà nation ; cette prospérité matérielle et temporelle, outre qu'elle ne saurait être obligatoire pour tous, est un résultatqui découle naturellementde l'accomplissement par tous de tous nos devoirs individuels et sociaux. Il suffit de mettre au nombre de ces devoirs, comme l'ont fait Aristote et S. Thomas, le soin de sa santé, la loi du travail, le soin d'acquérir une quantité de biens extérieurs utile à la vertu (1) ; en un mot, il suffit d'aimer le devoir dans son intégrité : tout le reste nous sera donné par surcroît.

L'homme ne peut avoir deux destinées ; il n'en a qu'une seule, qui suffit à son bonheur dans cette vie et dans l'autre.

4. Diffi- Mais la plus grave difficulté, ou du moins la plus ijEuM- spécieuse, a été tirée par les disciples de Kant du camomsme ^^(jj^j.g eudémonique, que ces fins dernières donnent à notre morale.

Une morale qui permet à l'homme, et même lui ordonne, d'orienter sa vie vers le Bonheur véritable, TTiv sù^xlij.ovIm, el de rechercher ainsi dans ses actions son propre intérêt, même en le subordonnant au devoir et à Dieu, — est-elle une morale vraiment pure et désintéressée? Sans doute, on ne reproche pas àcetEudémonisme d'être une forme déguisée de Tégoïsme, — ce

(1) s. Thomas met au nombre des conditions du bonheur terrestre : « bonam dispositionem corporis, aliqua bona exteriora et societatem amicorum... non quasi de essentia beatitudinis (hujus vitse) existentia, aed qua.si inslnimentaliler deàovvienlin beatitudini, quae consistit in operatione virtutis. » 1" 2*, q. 4, a. 6-8 ; — Cf. Aristote, Mot: Nic.^ liv. 1. ch. (), I 14 (B. S. H).

< Le devoir

RéfutalioD.

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