‹ La liberté et le devoirChapitre 123 sur 205 · II. LK IJKVÛIK. — LA l.iJl MiiKALK · texte numérisé non relu

II. LK IJKVÛIK. — LA l.iJl MiiKALK

iiièiiie de la loi, ou tout au moins ;"i l'obli^'ation ({ui en découle.

Parlons seulement de l'autorité compétente, et de la distinction capitale entre celui qui impose la loi morale et celui ;ï qui elle est imposée.

Cette distinction n'a pas lieu dans les lois physiques, puisque, comme nous l'avons dit, la loi pliysique ou le principe directeur des opérations d'un être matériel se confond avec son essence, ou plutôt sa nature, que nous avons définie un principe d'opération propre à chaque être. La loi physique qui attire ces deux corps n'est donc pas en dehors d'eux, puisque c'est un mode du principe d'opération qui les constitue et les pousse à agir d'une manière certaine et uniforme. Généralisant ce fait, nous nous élevons à une loi de gravitation qui a l'air de planer comme un idéal au-dessus de tous les corps qui s'attirent, mais cet idéal n'est qu'une abstraction ; il n'y a pas plus de gravitation en dehors des corps graves, qu'il n'y a d'humanité en dehors des hommes. L'individuel seul existe ; le général n'existe pas comme tel.

Sans doute, on doit admettre au-dessus des individus la pensée divine comme le type éternel suivant lequel tout a été fait, et tout peut agir. Mais ce n'est nullement cette pensée divine qui agit divectement dans les êtres : ce n'est pas elle qui attire la pierre dans sa chute, qui brille dansla lumière, qui réchaulle dans la chaleur. C'est le principe d'opération propre à chaque être qui agit en lui. selon sa nature, et porte en lui-même sa direction ou sa loi physique.

En est-il de môme de la loi morale? Nullement. Si ^^ainé la loi morale, qui au-dedans de moi régit ma volonté gypéricr libre, n'était pas autre que moi-même, elle ne me %^^l serait pas supérieure et n'aurait aucun droit de me

commander. Elle ne serait donc plus une loi morale obligatoire.

J'aurai beau me dire à moi-même : « sois sincère, si tu veux respecter en toi l'intelligence qui est faite pour la vérité > ; — « sois laborieux, si tu veux développer ton intelligence par Fétudo ; — «. sois sobre, si tu veux être un homme et non une brute ». Tous ces préceptes sont assurément très raisonnables. Mais s'il me plaît à moi de n'être pas raisonnable! Si j'aime mieux les profits d'un mensonge intéressé, que les avantages platoniques de la vérité ! Si je préfère les douceurs de la paresse, les voluptés de l'ivresse, aux joies austères du travail et de la sobriété? — Qui donc pourra m'imposer, d'être sincère,d'être laborieux, d'être sobre, et me dire si je refuse: tu le dois quand même ! — Il est clair que cet ordre impératif ne peut venir que d'un autre que moi-même, indi- Mais, me dira-t-on. votre raison n'est-elle pas là ne'^'su'fit poui' vous commauder d'être raisonnable ? Je réponds p^*- que la raison raisonne et juge, mais, par elle seule, ne commande pas; c'est la volonté éclairée par la raison qui peut commander. Mais comment se commander à soi-même, si Ton ne veut pas se commander? Que si, au contraire, la raison est l'écho et le porte-voix d'un commandement supérieur à notre propre volonté, tout s'éclaire, et c'est la volonté d'en haut qui, bon gré, mal gré, commande à la volonté d'en bas. Mais si la volonté d'en bas est la seule volonté, et qu'elle refuse de se commander, pour s'imposer ces lois de vérité, de travail, de sobriété; ces prétendues lois ne seront plus imposées par aucune volonté, ni supérieure ni inférieure, donc elles ne seront plus des lois. La raison pourra continuer à les juger plus raisonnables, peut-être même à les conseiller comme le vrai moyen de vivre conformément

Raison

iodi-

viduelle

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