‹ La liberté et le devoirChapitre 126 sur 205 · II. LE DKVOIII. — LA LOI MuHALK i · texte numérisé non relu

II. LE DKVOIII. — LA LOI MuHALK i

(le la Sagesse éternelle, dont elle ne doit être qua l'apj)lication à des circonstances locales et temporelles. Dès qu'elle cesse d'être l'écho de cette grande voix éternelle, la voix de l'homme est sans force et sans autorité sur les consciences. Aussi est-il hon et salutaire que cette grande voix apprenne au législateur humain qu'il est loin d'être omnipotent, et qu'elle relève à leurs propres yeux la dignité des sujets, en leur rappelant qu'ils ne doivent obéissance à aucun homme, quelque puissant (ju'il paraisse, mais seulement au représentant de l'autorité etdela sagesse éternelle. Ces principes sont les vérilaJjles « droits de l'homme » qu'on ne saurait trop proclamer.

S'il est vrai que la loi éternelle ordonne tout et di- ^ 1»^

* nnlurelle.

rige touslesêtres vers leur fin, les êtres humains doivent trouver en eux-mêmes, dans leur raison et leurs consciences, des signes certains ou au moins des vestiges et comme une empreinte de l'ordre et de la direction propre à leur nature. Cette participation de la loi éternelle parla conscience humaine est ce que nous appelons la loi naturelle : < participatio legis M'terna) in creatura rationali (1). y>

Nous avons déjà eu l'occasion de constater l'exis- e,ig,|°",, lence et le caractère absolu de l'obligation qu'elle nous dicte au fond de nos consciences, lorsqu'elle nous crie : < fais ton devoir, advienne que pourra > ; — « fais le bien, évite le mal » ; — « sois véridique. sois fidèle à tes promesses ; respecte le bien d'autrui ; ne trahis pas tes amis ; n'opprime pas le faible... etc. >

(1) s. Thomas, 1" 2*, q. 91, a. 2 : q. i>3, et supp. q. (»5, a. 1. — IV HenL, dist. B3, q. l,a. 1. — « lia/io sumtym insila in natura, qua» jubet ea quaî facienda siint, proliibelque contraria. » Cicéron. De Le- .ihns, 1, (1, 18.

Sa nature,

Si cette voix de la conscience est si forte et si efficace, lions en comprenons maintenant la raison : elle est Técho de la grande voix éternelle (1) qui s'impose au respect de toute créature.

Cette métaphore de « voix de la conscience » sera facilement comprise de tous nos lecteurs. Cependant, s'ils exigent un langage plus précis, nous leur dirons que ce n"est pas un acte de notre volonté, mais de notre raison, car notre volonté serait-elle hostile et révoltée contre telle ou telle loi naturelle, la raison ne cesserait pourtant pas de la proclamer quand même. C'est donc un acte de notre raison personnelle, et non pas d'une prétendue raison impersonnelle, qui habiterait en nous sans être une partie de nous-même. Nous rejetons cette fiction de Cousin, qui conduirait facilement à je ne sais quel Panthéisme mystique d'illuminé.

Or, notre raison raisonne et juge, mais, par elledeôieu. même, elle ne commande pas, car ce n'est pas directement sa fonction ; cependant elle juge que chacune des maximes de la loi naturelle lui apparaît comme un commandement absolu, c'esl-à-dire imposé à la volonté humaine par quelque autorité supérieure à sa nature, que le plus simple raisonnement identifie avec l'auteur de la nature, Dieu lui-même.

Témoi- D'où la métaphore de « voix de Dieu » ou de < luuniversel, niièrc dlvinc » usitée par tous les peuples. La loi naturelle est, en eli'et, comme l'écho ou le reflet de la lumière divine en nous, dit S. Thomas (2), impressio

(1) « In omnibus causis ordinatis ell'ectus plus pendet a causa prima, quam a causa secunda, quia causa secuiida non agit nisi in virlule primER causai. Quodautem ratio huniana sit régula voluntatis huniause, ex quâ ejus bonitas mensuratur, habet ex lege œternâ, quae est Ratio divina. » S. Thomas, la 2*, q. 19, a. 4.

(2) « Quod autem ratio humana sit régula voluntatis humanœ, ex quà ejus bonitas mensuretur, habet ex lege aeterna, quse est ratio divina ; unde dicitur (Psal. IV, 6; : MitUi dicunl : qtii ostendit nobis hona ? signatum est super nos lumen viiUits lui. Domine : quasi dice-

Elle est la voix

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