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II. LK DKVOIU, - LA LOI MUMALK

divini luminis in uobis ; de même le Hoi Prophète : signatum est Uirnca vultus tui Domine super nos.

< Cette loi, ajoute Cicéron, n'a pas besoin d'êtio ucéron. écrite, car elle est imprimée dans le cœur de l'homme, elle est innée ; nous ne l'avons ni apprise, ni reçue, ni lue, mais nous l'avons tirée de la nature même ; ce n'est point la science ou l'éducation, mais la nature qui nous a faits pour elle et nous en a tout imprégnés (1). > Et il répète en vingt endroits que cette loi de la nature est l'éclio de la raison souveraine : « Ratio summa insita in natura (2) » ; qu'elle a pour auteur le Dieu unique souverain seigneuret maître de toutes choses : < unusque erit communis quasi magister et imperator omnium Deus (3).»

Il nous serait facile de trouver des affirmations analogues chez Platon, Aristote, Pindare, Sophocle, chez les littérateurs ou poètes de la Grèce, de Rome et de tous les peuples civilisés.

Que l'on nous permette encore quelques citations.

Pindare célèbre ainsi la loi naturelle : < La loi, dit- pindare. il, c'est la reine du monde, c'est la maîtresse souveraine de tous, mortels et immortels ! (4). »

Aristote proclame à maintes reprises que < Dieu Amioie et la raison ont seuls le droit de commander : mettre

ret : lumen rationis, quod in nobis est, in tantuni potestnobis ostendere bona, in quantum est lumen vultus tui, id est a vultu fuo derivatum. » S. Thomas, l» 2«, q. 19, a. 4.

(1) « £st enim hfpc (lex naturalis) non scripta, sed nata lex, quam non didicimus, accepimus, legimus : verum ex natura ipsa arripuimus, ad quam non docti sed facti, non iiislituti sed imbuti sumus. » Tuilius, Oralio pro MUone, liv. iV, c. 10. — Nous rappelons à cette occasion que noua n'admettons Vinnéilé des premiers principes que dans un sens très large, la faculté seule est Innée, mais sa facilité à passer à l'acte est si grande, qu'elle le produit, au moins confusément, dès le premier réveil de la raison.

(2) Cicéron, De legihus, liv. 1, ch. 6 ; liv. Il, ch. 4 ; Philip., liv. XI, ch. 12.

(3) Cicéron, De Repitblica, liv. III.

(4) Pindare, cité par Hérodote, III, 38, et par Platon, Gorgias.

268 FONDEMENTS DE LA xMORALE

dans le commandement quelque chose de l'homme, ce serait y introduire la bête humaine » (1).

Platon. Platon admire Socrate aimant mieux mourir que de désobéira Dieu, pour plaire aux hommes, et disant à ses juges: «je vous répondrai sans balancer : Athéniens, je vous honore et je vous aime, mais j'obéirai plutôt au Dieu qu'avons; et tant que je respirerai et que j'aurai un peu de force, je ne cesserai de m'appliquer à l'étude de la sagesse, de vous donner des conseils et des avertissements... Vous pouvez m'absoudre ou me condamner, je n'agirai pas autrement, devrais-je mourir mille fois (2). »

Sophocle Sophocle, dans son Œdipe Roi, fait chanter par le chœur cette belle prière: « Puissé-je conserver toujours dans mes paroles et dans mes actions l'auguste sainteté dont les lois sublimesrésident dans les cieux, où elles ont pris naissance. Ces lois dont l'Olympe seul est le père, que les hommes n'ont point créées, et que l'oubli n'etfacera jamais : en elles respire un Dieu puissant que la vieillesse ne peut atteindre (3). >

Antigone A ccttc belle leçon, le même poète a ajouté l'immortel exemple d'Antigone, résistant jusqu'à la mort au tyran qui a osé interdire un acte de piété prescrit par la loi naturelle :

Créon : « Et pourtant tu as osé enfreindre ma loi? Aoitigone : « Ce n'était ni Jupiter, ni la justice compagne des Dieux mêmes, qui avaient publié une telle défense ; non, ils n'ont pas dicté aux hommes de semblables lois. Je n'ai pas cru que tes ordres, (Gréon), eussent assez de force pour que les lois non écrites, mais impérissables, émanant des Dieux, dus-

(1) Aristole, Politlq., liv. III, ch. 11, § 4 (Didot).

(2) Platon, Apol. di Socrate, ch. XVII (Didot, t. I. p. 23, 24). — (Kd. Stephan.)p, 21), D: Re<ipubl . , \is . IV, p. 427 : Gory., p. 483, E. etc.

(3) Sophocle, Œdipe Roi, v. 848 et suiv.

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