‹ La liberté et le devoirChapitre 135 sur 205 · II. LE DEVOIR. — LA LOI MOBALK · texte numérisé non relu

II. LE DEVOIR. — LA LOI MOBALK

en eiïet, qu'une loi qui n'a pu entrer dans les mœurs d'un peuple, est une loi mal faite, ou que le lé^^islateur, croyant plus sa^je de n'en pas forcer l'exécution, l'a laissée tomber en désuétude.

Enfin, la loi demeurant dans toute sa vigueur, il L-épJwie. peut se rencontrer des cas plus ou moins imprévus par le légisIateur,où son npplicalion paraîtrait excessive, et même positivement nuisible au bien public. Dans ces cas, elle ne serait plus in bonum commune,s\ elle était rigoureusement appliquée, et son ojjligation doit momentanément fléciiir. Ci'est le cas « d'épikie >, suivant l'exjjression consacrée des moralistes, où l'on peut se dispenser soi-même en interprétant la pensée présumée du législateur, et en api)liquant loyalement le principe que la loi positive n'oblige pas en conscience, lorsqu'il y aurait un trop grave inconvénient à en exiger l'application : Lex non obligat cum tanto incommodo.

C'est ainsi que les lois positives naissent, fléchissent et meurent, tandis que les lois naturelles et éternelles sont sans commencement, sans interruption et sans fin.

Le bien et le mal moral.

La La loi a donc pour mission de nous diriger vers

duTièn" notre fin., en nous indiquant ce qu'il faut faire ou ce raau" qu'il faut éviter. Mais pourquoi faut-il faire certaines choses et en éviter d'autres? On nous répond que les unes sont bonnes et les autres mauvaises. Et nous demandons de nouveau pourquoi les unes sont bonnes et les autres mauvaises ; qu'est ce que le bien et le mal? y a-t-il entre le bien et le mal une opposition radicale, absolue, ou bien tout dans l'ordre njoral n'est-il pas relatif et dépendant des habitudes individuelles et locales, suivant le degré d'évolution auquel on se trouve arrivé? Le lecteur a déjà compris l'importance de ce nouveau problème, en même temps que sa connexité logique avec les problèmes précédents. Après avoir étudié les principes extrinsèques de nos actions : la fin et la loi, nous aborderons ainsi l'étude des éléments intrinsèques et constitutifs de nos actions morales, qui peuvent être bonnes ou mauvaises en elles-mêmes.

Tout d'abord qu'est-ce qui constitue le bien ou le mal moral de tels ou tels actes? Est-ce uniquement parce qu'ils sont commandés ou défendus, ou bien ne seraient-ils pas plutôt défendus ou commandés en raison de leur malice ou de leur bonté même ?

Sans doute, nous l'accorderons volontiers, les prescriptions des lois purement positives, divines ou humaines, portent sur des choses en elles-mêmes indiiférentes, et qui tirent du précepte ou du choix du législateur leur bonté et leur malice. Ainsi, par exemple le choix de tel ou tel jour particulier pour rendre ua

On écarte les lois positives.

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