‹ La liberté et le devoirChapitre 144 sur 205 · Rôle · texte numérisé non relu

Rôle

de la conscience au moment de Vaclion.

main. C'est ce qui expliquerait la méprise de nos sentimentalistes.

De fait, nous le reconnaissons volontiers, les habitudes personnelles et même héréditaires, bonnes ou mauvaises, peuvent laisser une empreinte plus ou moins profonde dans l'âme, et notre sensibilité peut ainsi recevoir une orientation habituelle vers le bien ou le mal. Mais cet élément sensible s'ajoute à l'élément rationnel, bien loin de le supprimer (1).

Si ce sentiment irréfléchi est droit, parce qu'il a été dressé par le voisinage et la pratique de la vertu, on peut sans doute le consulter; rien de plus utile, car il est une force puissante. Mais nous nions que ce soit là la règle première des mœurs, puisque tout en lui est dérivé et secondaire; encore moins serait-il une règle sûre, puisqu'il incline au mal ceux qui ont des habitudes vicieuses ; il n'est même pas une règle, puisqu'il n'est ni une lumière, ni un jugement, ni une vérité perçue : il n'est qu'une force aveugle.

Ce n'est donc pas au sens moral, ainsi entendu, ni à un sentiment quelconque, si délicat ou si divin qu'on le suppose, mais à la raison elle-même, à la conscience, qu'il faut en définitive faire appel pour distinguer le bien et le mal et diriger notre vie morale. Trop souvent, hélas I les hommes, même les gens vertueux, ne se laissent guider que par les sentiments ; il faut que la raison reprenne en eux son légitime empire, s'ils ne veulent cesser d'être raisonnal^les !

Le second rôle de la conscience, avons-nous dit, est de beaucoup plus pratique. Au lieu de décider ce qui est bien ou ce qui est mal en théorie, elle applique

(1) s. Thomas, la 2;e, q.94,a. 1 ; i}. 51, a. 1.

rience droile.

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