‹ La liberté et le devoirChapitre 163 sur 205 · III. — cnnioi'K DKs sYSTi'-;Mr:s dk moiiai.e 35 i · texte numérisé non relu

III. — cnnioi'K DKs sYSTi'-;Mr:s dk moiiai.e 35 i

férence à la ci'itique de chacune des grandes écoles contemporaines de philosophie, et nous jugerons de sa morale sans la détachtjr du cadre naturel auquel ellea été plus ou moins bien adaptée, et qui lui sert de support naturel. Il peut se faire que le support vaille plus ou moins que le tableau, ou que les deux soient également défectueux :de Là des distinctions de la plus haute importance dans les jugements que notre équité seule a l'intention de porter sur ces divers systèmes de morale contemporains.

Dans un |)remier groupe nous examinerons les mo- Tmi* raies des diverses écoles empiriques : Matérialisme, àéuXr. Positivisme, Evolutionnisme, qui aboutissent non à une métaphysique, mais à une physique des mœurs.

Dans un second groupe, les morales des écoles idéalistes contemporaines, qui se réclament toutes du Kantisme et du Néo-kantisme, ou bien du Pessimisme et du N(h>Boiiddhismc .

Enfin, dans un troisième groupe, nous étudierons les diverses écoles de morale étrangères aux précédentes, et qui se disent indépendantes, soit de toute idée métaphysique, soit de l'idée de Dieu, soit du devoir, soit de l'idée religieuse et chrétienne.

Ce cadre est assurément incomplet, mais il fait assez bien ressortir les grandes lignes, les grands courants de la pensée morale contemporaine, et suffira largement à notre but, qui n'est pas d'écrire une histoire de la philosophie, mais seulement de compléter l'exposition de la morale traditionnelle, et de la mettre en plus grand relief, par voie de parallèle et de contraste avec les principaux syslùmesde morale (|ui, de nos jours, ont vainement essayé de la supplanter.

La Morale du Matérialisme et du Positivisme.

Thèsema- Le Matérialisme et le Positivisme sont les deux teriahste. p^gj^j^peg écolcs Issues 'de la méthode emplriquc, qul n'admet que l'expérience sensible comme critère unique de la vérité. Rien ne doit être affirmé que ce qui peut être expérimenté : tel est leur principe essentiel. En conséquence, le Matérialisme nie la spiritualité de Tâme, et partant son immortalité. A plus forte raison, il nie l'existence de tout autre esprit et de Dieu luimême. Rien n'existe que la matière et son mouvement, dont les transformations éternelles et sans fin, ont produit par hasard l'Univers actuel.

L'homme lui-même est forcé de rentrer, bon gré, malgré, dans ce cadre étroit, et de même que l'âme n'est plus qu'une fonction du cerveau, ainsi la pensée n'est plus qu'une sensation transformée, et la sensation qu'un mouvement particulier de la matière. Quanta la liberté, elle ne saurait être qu'une illusion, car le déterminisme des lois du mouvement est inflexible, en sorte que la vertu et le vice ne sont que des produits nécessaires « comme le sucre et le vitriol (1) ».

Thèse po- Le Positivisme, de son côté, sous des formes plus réservées, admet à peu près les mêmes théories, au moins en pratique. Sans doute, en principe, il ne se déclare ni matérialiste ni spiritualiste, sous prétexte

(1) Tsi\ïie,Hixloife de la littérature anglaise.lnlrod. XV. — « Une idée est le produit d'une combinaison analogue à cellede l'acide formique ; la pensée dépend du phosphore contenu dans la substance cérébrale ; la vertu, le dévouement, le courage sont des courants d'électricité organique... » La Revue médicaleAo février ISGO. — Item. Feuerbacb, Vogt, Molescholl, Bùchner, etc.

sitivisle.

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