III. CRITIOCF. — MATÉHIALISMF KT POSITIVISME
appelons ces impulsions des prescrii)tionsou des devoirs (1).>
Reprenons cet exposé assez obscur. D'abord le bien criiiqœ; et le mai j'sontdefinis pardes/><?^s OU des groupes de "De faits essentiels qui constituent un être. Ce qui détruit cette constitution est un mal : la mort est un exemple demalja vif^un exemple de bien. Mais il est clair que ces définitions ne visent encore que le bien et le mal physiologique, et nullement le bien et le mal moral, visés seulement dans la seconde phrase. Là nous apprenons que Taclion vertueuse est celle qui favorise ce bien général, et partant l'action coupable est celle qui lui nuit. Sauver la vie à son prochain sera donc une action vertueuse, la détruire une action coupable.
Cette morale simplifiée ressemble beaucoup à celle que certains honnêtes gens résument eu deux mots: « ni tuer, ni voler ». N'insistons pas toutefois sur sa pauvreté ; encore si elle était solide et démontrée, nous aurions du moins une part de vérité morale. Aussi demandons à M. Taine, pourquoi favoriser le bien physiologique d'une personne est un bien moral, un acte de vertu ; pourquoi lui nuire est un mal moral. Quelle est sa démonstration?
Il nous répond par V analyse logique cV un jugement ; La gran- — preuve qu'il alfectiojine, car si nous avons bonne locique. souvenance, il s'est déjà amusé à faire évanouir la substance par ce même procédé logique (2).
"Voici donc, nous dit Taine, un homme qui se jette à l'eau pour sauver de la mort son prochain; il est mû par ce jugement universel: la mort est un mal pour le genre humain. Or le jugement universel sur-
(1) Taine, Len Philosopher français au XIX" sit'cle, 2' éd., p. 270 et suiT.
(2) Voy. Le cerveau, l'âme el les facultés, \>. 109.
passant en grandeur le jugement particulier, l'action conforme à ce jugement participe à la grandeur et à la supériorité de ce jugement. Elle est donc une action supérieure ou vertueuse, criiique Mais sl, au contraire, répliquerai-je, parti du même
preuve, prlucipc univcrscl : la mort est un mal pour le genre humain, notre homme avait conclu : donc je ne m'y exposerai pas, — la grandeur de la proposition universelle n'eût pas varié ; faut-il donc conclure que cet acte de prudence participe également à la grandeur et à la supériorité du jugement universel, et devient une action aussi vertueuse que la précédente?
Pour excuser M. Taine de cette énormité, il faut interpréter autrement ses paroles. Il a voulu dire seulement qu'agir pour le bien général de l'humanité, agir pour les autres, c'est la maxime de l'homme vertueux, tandis qu'agir pour soi, pour son bien particulier, est une maxime égoïste et inférieure. C'est d'ailleurs la thèse familière de Taine, comme des autres positivistes. Certes, elle contient une grande part de vérité, mais il fautexpliquerpowrg?<oi, et la méthode positiviste ne le permet pas. Il serait plus honorable d'en faire l'aveu, que de s'en tirer par des jeux de
Jeu de mots et des métamorphoses sophistiques de la gran-
mots so- ^ 11
ph^s«- deur logique d'une proposition en grandeur morale, et des propositions universelles en propositions désintéressées. L'égoïsme tout aussi bien que le désintéressement peut se formuler enpropositions logiques universelles, et le désintéressement tout aussi bien que l'égoïsme peut viser des biens particuliers, celui de Pierre ou de Paul, qui est aussi particulier que mon propre bien. L'extension et la compréhension des termes d'un jugement, pas plus que les autres procédés logiques, n'a donc réussi à distinguer le bien et le mal, ni à fonder la science inorale.
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