‹ La liberté et le devoirChapitre 181 sur 205 · III. CKITlOUt:. — KANTISME ET NÉO-KANTISME · texte numérisé non relu

III. CKITlOUt:. — KANTISME ET NÉO-KANTISME

clarer satisfaits, ont insisté, mais bien vainement, pour demnnder aux néo-criticistes de montrer raisonnable la loi qui veut s'imposer aux êtres raisonnables; on leur a répondu ({u'ils manquent de culture philosophique, et « qu'il est bien à désirer que les études logiques se relèvent en France (1 ) ». — Espérons, au contraire, que le raisonnement n'y parviendra jamais à bannir la raison.

Cependant cette idole muette et voilée du devoir idoie Kantien, qui refuse de parler ou de montrer aucun de voiiée. ses traits, n'a pas trouvé en France que des adorateurs. Nous avons entendu M. Fouillée lui-même, malgré son point de vue subjectiviste, en faire une vigoureuse critique qu'il a terminée par ce trait pittoresque :

« Savons-nous quel est le fondement objectif du devoir?... Non. Fais ce que dois, non seulement sans savoir ce qui adviendra, mais encore sans savoir pourquoi tu le dois. Puissance, force, science, bonheur, tout cela n'est pas le bien. Le bien en soi est ce qui nous est caché. Kant nous fait agenouiller devant le cadre du tableau, en laissant le tableau couvert d'un voile, comme on le fait dans certaines églises d'Italie et d'Espagne ; encore, dans ces églises, vous avertit-on qu'il y a sous le voile un chefd'œuvre, exposé aux regards dans les grands jours de fête ; Kant, lui, ne peut dire s'il y a un tableau réel ni si ce tableau est bon ou mauvais ; mais il adore le cadre pour cette seule raison qu'il est un cadre et que nous ne pouvons le briser. Bien plus, selon lui, nous ne savons pas par l'expérience si ce cadre est lui-même quelque chose de réel, ni si une action réelle y est jamais entrée, puisqu'on n'a pas un seul exemple authentique d'une

(1) Pillon, Critique philosophique, 23 décembre 1875.

raisonnable ni humaine

résolution inspirée par le seul devoir. Tel est le formalisme de Kant dans toute sa rigueur et sa grandeur (1). »

Moraieni Après Cet exposé,n"y-a-t-il pas quelqueirouie à uous bTeT' vanter sur un ton dithyrambique, « l'élévation, la pureté et la grandeur > de la morale de Kant, que M. Fouillée ose appeler « la forme la plus haute et la plus subtile du Christianisme (2) ?» — Eh ! que nous importe l'élévation de l'édifice si, loin d'être fondé sur de larges et solides bases, il n'est fondé que sur une pointe d'aiguille : la peur de Thétéronomie. Que nous importe sa grandeur, si à cause de sa grandeur même il est inhabitable pour de simples mortels, et hors de proportion avec les besoins de l'humanité ! Que nous importe la pureté de l'air qu'on y respire, si cet air est tellement raréfié qu'on y étouffe. Or, qui pourrait nier que toutes les aspirations de notre être sensible, étrangères à la raison pure, y soient violemment étouftees, et que notre raison elle-même, amie de la lumière, y soit réduite aune foi aveugle en l'infaillibilité du devoir ! Appeler cela : « la plus haute doctrine morale de la philosophie ancienne et moderne (3) »est déjà une hyperbole par trop excessive ; mais ajouter que c'est la forme la plus élevée de la morale chrétienne, qui est essentiellement raisonnable et humaine, c'est trop ouvertement laisser entendre qu'on ne la connaît pas.

Si le lecteur veut bien poursuivre, jusqu'à la fin, cette analyse critique du Kantisme, qui est loin d'être épuisée, nous espérons qu'il s'en convaincra de plus en plus clairement.

(1) Fouillée, Critique des systèmes, p. 234.

(2) Fouillée, Critique des systèmes, p. 127,

(3) Fouillée, Critique des systèmes, p. 225.

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Le devoir catégorique n'est que le premier élément '- ^ de la morale Kantienne, quoiqu'il soit le plus impor- Kanuentant. Voici que la foi au devoir va devenir la baguette magique qui ressuscitera, comme parenchantement, toutes les < entités métaphysiques > déjà occises dans la Critique delà raison piu^e.

Le devoir, en effet, ne peut se concevoir seul ; son existence, entraîne donc la réalité de toutes les notions sans lesquelles il serait inintelligible, et qui s'appelleront ])our cette raison les postulats du devoir. Or le premier de ces postulats, c'est la liberté morale: « tu dois, donc tu peux ». Il serait absurde de commander à quelqu'un ce qu'il n'aurait même pas le pouvoir matériel d'accomplir: de commander de marcher à un paralytique, d'entendre à un sourd, de vouloir à qui n'est pas maître de son vouloir.

< Si quehju'un, nous ditKant, recevait d'un prince, P'emier

• 1 ., 1 1 postulai

SOUS peine de mort, 1 ordre de porter un taux témoi- du devoir gnage contre un honnête homme, regarderait-il comme possible de vaincre en pareil cas son amour pour la vie si grand qu'il pût être ? S'il le ferait ou non, c'est ce qu'il n'osera pas décider ; mais que cela lui soit possible, c'est ce dont il conviendra sans hésiter. Il juge donc qu'il peut faire quelque chose, parce qu'il a conscience de le devoir, et il reconnaît ainsi en lui-même la liberté, qui, sans la loi morale, lui serait demeurée toujours inconnue (1). >

Quelques lignes plus haut il avait dit : « Personne ne se serait jamais avisé d'introduire la liberté dans la science, si la loi morale, et avec elle la raison pratique, n'était intervenue et ne nous avait imposé ce concept. >

(l)Kant, Criliq. de la raison praliq., p. 174.

mauvaise.

Ce n'est donc pas, d'après Kant, la conscience de nos actes libres qui nous montre notre liberté ; non, pour lui, cette conscience est une illusion pure ; c'est un raisonnement indirect qui nous la prouve: « lu dois, donc tu peux. »

Lapreuve Cette preuvc est-elle un cercle vicieux, comme on n'est "^as le lul a rcproché si souvent ? On a prétendu, en ellet, et M. Fouillée l'a répété, que le devoir ne pouvant exister sans liberté, poser le devoir c'était déjà supposer la liberté, c'est-à-dire supposer ce qui était en question. Kant, le premier, avait signalé cette apparence de cercle vicieux : « Il y a ici, dît-il, il faut l'avouer franchement, une espèce de cercle, d'où il semble qu'il soit impossible de sortir (1). »

Pour y répondre, pourtant, il n'est pas nécessaire d'être un fort logicien. Puisque toute conclusion doit être contenue dans les prémisses, tout raisonnement est susceptible de la même objection, et il serait impossible de raisonner, si elle était vraie. Kant luimême a donné la clef de la solution par la distinction entre l'ordre de connaissmice et l'ordre di existence, qui vont presque toujours en sens inverse. Dans l'ordre d'existence, la cause est antérieure à son effet, et l'on ne peut supposer l'existence de l'effet sans l'existence de sa cause ; dans l'ordre de connaissance, au contraire, la cause peut être connue postérieurement à son effet, si l'on remonte de l'effet à sa cause ; et la connaissance de l'effet ne suppose nullement que la cause en soit déjà connue.

Ainsi, quoiqu'il ne puisse pas exister de fumée sans feu, on peut voir la fumée sans le feu, et conclure légitimement de l'existence de la fumée à celle du feu. De même, l'existence du devoir suppose assurément

(1) Kant, Mélaph. des mœurs, p. 104.

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l'exisience de la liberté ; mais la connaissance du devoir ne suppose pas nécessairement la connaissance delà liberté. Bien au contraire, défait, la plupart des hommes commencent à être instruits de leurs devoirs, avant d'avoir réfléchi sur la notion de liberté. Supposez donc quelqu'un qui soit certain du devoir, sans connaître encore la liberté, on pourra la lui prouver par raisonnement, c'est-à-dire lui prouver que la conclusion : donc la liberté existe, est contenue réellement, quoiqu'implicitenient, dans les prémisses: le devoirexiste. Déduire n'est pas autre chose que tirer de l'obscurité et mettre en lumière, ce qui était contenu implicitement et caché dans les prémisses. Le raisonnement de Kant est donc irréprochable, sanouon

de liberté

En sera-t-il de même de la manière dont il va conce- estene

bonne ?

voir la liberté ainsi rétablie ? Gomment, en elfet, concevoir la liberté sans contredire trop ouvertement les conclusions de la Critique de la raison pure, et les données de la science moderne, qui, d'après Kant, exigent le déterminisme absolu et universel des phénomènes ? Rappelons le point précis de la difficulté.

Partant de l'idée que l'essence de l'acte libre est l;,';^"!/""; d'être « un commencement absolu de mouvement > ''^"""'- — « un commencement absolument premier» — « un affranchissement des lois de la causalité » — « une spontanéité absolue del'action », — Kant (1) n'a pas de peine à montrer que la thèse et l'antithèse : il y a des causes libres ; il ny a pas de causes libres, sont également contradictoires et insoutenables.

S'il y avait des causes libres, il y aurait, — d'après sa définition, — des commencements absolus et des effets sans cause, ce qui est contradictoire.

S'il n'y avait pas de cause libre, ou de commence-

(1) Kant, Critique de la raison pure (Barni, H, p. 61-67).

ment absolu, — au moins au commencement de la série des phénomènes cosmiques, — nous aurions un processus in infinitum^niiQ série infinie actuellement, ce qui répugne de nouveau.

Solution L'antinomie paraîtrait insoluble. Kant va nous

de l'anli- "•

noraie. uioutrer qu elle n est qu apparente.

S'appuyant sur sa fameuse théorie subjectiviste que nos idées et nos principes ne sont que des lois de l'esprit, ne régissant que le monde des phénomènes, et inapplicables au monde des noumènes et des substances, lequel demeure à jamais inconnu et inconnaissable, — il n'a pas de peine à découvrir qu'il suffirait de reléguer la liberté humaine, du monde des phénomènes dans celui des noumènes, pour qu'aussitôt le principe de causalité cessât de lui être applicable, et que la contradiction apparente fût dissipée.

Autant la liberté-phénomène est contradictoire et absurde à ses yeux, autant la liberté-noumène lui parait possible. Du moins la raison jmre, ignorante du monde des noumènes, est-elle incapable d'y contredire. Mais si la liberté est possible, la raison pimtigt^e nous dit qu'elle existe : << tu dois, donc tu peux > ! criiiqi.e ^6 mouvcmeut tournant de notre philosophe paraît tout d'abord fort habile, et volontiers, en l'entendant affirmer si haut la nécessité et l'existence du libre arbitre, serait-on tenté de proclamer Kant le sauveur de la liberté. Mais défions-nous des mouvements tournants, et regardons-y de plus près.

La liberté admise et proclamée par Kant n'est plus qu'une liberté-noumène. Or en quoi pourrait bien consister au juste une telle liberté?

Tout le monde connaît l'autre liberté, la libertéphénomène, celle qui, à chaque instant de notre existence, passe ou peut passer à l'acte libre, et intervenir dans le cours de notre vie, pour nous faire pratiquer

de la solution

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nos devoirs quotidiens, lutter contre le mal qui nous entoure, ou contre le mal que nous portons au dedans do nous, — lutter pour le bien, pour la vertu, le sacrifice, le dévouement, l'héroïsme, etc — C'est cette liberté qm fait les Saints et même les savants, car la science elle-même est le prix de l'effort volontaire et de la lutte.

Or, cette liberté-phénomène, Kant la nie expressément. « On peut donc accorder, dit-il, que s'il nous était possible de pénétrer l'âme d'un homme, telle qu'elle se révèle par ses actes aussi bien internes qu'externes, assez profondément pour connaître tous les mobiles, même les plus légers qui peuvent la déterminer, et de tenir compte en même temps de toutes les circonstances extérieures qui peuvent agir sur elle, nous pourrions calculer la conduite de cet homme avec autant de certitude qu'une éclipse de lune ou de soleil, tout en continuant de le déclarer libre {1,. »

Reste la liberté-noumène qui n'est rien plus de Qi.'e»t-ce tout cela. Klle ne peut exister qu'à la condition de Kédemeurer noumène, c'est-à-dire purement incons- mène? ciente et inintelligible, de ne jamais passer à l'acte pour devenir phénomène, de ne jamais venir dans le monde des phénomènes de la conscience troubler la loi de la nécessité qui relie entre eux les phénomènes.

Mais à quoi bon, me direz-vous, une telle liberté qui n'est plus qu'un vain mot, puisqu'on la prive par avance de tout exercice temporel et de toute action libre ? A quoi bon une libertéqui n'est plus libre d'agir, puisqu'on lui a passé les menottes et qu'on l'a reléguéedans les profondeurs inaccessibles desoubliettes nouménales? Kant nous répond qu'une telle liberté son n'est pas inutile, car elle a pu avoir, ^» dehors du l!»lsél.

(1) Kant, Critique de la raison pratique (Barni, p. 289).

temps, une action intemporelle par laquelle elle aurait posé librement le caractère de chaque individu, et partant, la loi même d'après laquelle se déroulent fatalement toutes les actions de sa vie présente.

« Ainsi, d'après Kant, nous dit M. Fonsegrive, l'homme serait double, il y aurait un homo noumenon, et un homo phœnomenon ; Vhomo noumenon poserait librement son caractère intelligible ; ce caractère intelligible, formule intemporelle des phénomènes qui doivent se dérouler dans le temps, donnerait naissance à un caractère sensible , à Vhomo phœnomenon, dans lequel tous les phénomènes se dérouleraient selon des lois fixes, mais qui auraient été librement posées par Vhomo noumenon. En dehors du temps, l'homme aurait librement posé la totalité de ses actes futurs, les conséquences de cette libre position se dérouleraient maintenant dans le temps avec les apparences de la nécessité. Etant donné le caractère d'un homme, on pourrait prévoir certainement toutes ses actions, mais ses actions n'en seraient pas moins libres puisqu'elles auraient été librement posées (1). »

Mais wen Pour fépoudre complètement à cette étrange hyposembiabie fhèsc, il uous faudrait commencer par demander comment il se fait que la liberté-noumène ait pu agir librement, et se manifester, en posant le caractère de chaque individu, sans devenir liberté-phénomène.

C'est là une contradiction dans le système de Kant, qui a toujours rangé les substances dans les noumènes, et les opérations et manifestations des substances dans les phénomènes. II faudrait donc inventer une autre classification, imaginer des opérationsphénomènes et des opérations-noumènes, c'est-à-dire

(1) Fonsegrive, Essai sur le libre arbitre, 1" édit.,p.23G.

III, CHITIOUE. — KANTISME ET NÉO-KANTISMR 425

des manifestations qui se manifesteraient et d'autres qui ne se manifesteraient pas.

Et certes, cette grande manifestation de notre liberté qui, avant notre naissance (?;, et en deliors du temps (?), aurait librement posé notre caractère et irrévocablement fixé, après délibération authentique, le choix de nos destinées futures ; cette grande élection, qui aurait dû faire épO(}ue dans notre conscience et dans notre vie, n'y ayant laissé de fait aucune trace, mériterait bien qu'on inventât, tout exprès pour elle, la classification ingénieuse des opérations-noumènes ou des manifestations qui ne se sont pas manifestées, à moins qu'on ne préférât la classer parmi les mythes de la fable.

Mais allons au fond du débat.

Vraie ou fausse, cette liberté passée, n'ayant eu inlmu qu'une action préhistorique, n'a plus rien à faire p'^**"'*avec la vie présente, ni avec la morale qui régit cette vie humaine. La belle parole de Kant : « tu dois, donc tu peux », doit s'appliquer à tous nos devoirs quotidienset incessants, en supposantunpouvoirquotidien et incessant qui lui corresponde. Autrement cette belle parole n'est plus qu'un vain mot. Si je ne petiœ plvs actuellement, je ne dois plus. Dire que \edois encore parce quej'auraispu,avant ma naissance, n'estqu'une amère dérision. Si je ne puis plus réformer mon caractère, maîtriser mes passions, et que toutes mes actions en découlent désormais nécessairement, mes actions présentes ne me sont plus imputables, c'està-dire qu'il n' y a plus pour moi ni bien ni mal, ni progrès, ni déchéance, ni morale possible, dans la vie présente. Kant a beau me dire : ayez au moins une « bonne volonté >, une bonne intention, je réponds que si je ne l'ai pas déjà, c'est trop tard ! L'heure de ma liberté est passée pour moi, sans espoir de retour.

Cette liberté nouménale n'est plus, comme on l'a dit,

qu'un principe de prédestination éternelle du moi

conscient, par un moi inconscient qui m'est étranger,

et ressemble beaucoup à l'aveugle Destin.

Rôle des Quoi Qu'll cu soit, il sei'a curieux d'examiner le rôle

deux . 1) • 1

moi au de ces deux moi, après i action bonne ou mauvaise, qui

de la provoque l'approbation ou le blâme de la conscience.

eience. D apTCS Kaut, c cst le moi-pnenomène qui comparaît devant le moi-noumèue,car il ne saurait sans contradiction être à la fois juge et partie. « Il faut bien s'entendre, dit-il, sur la nature de ce moi double, qui d'une part s'oblige à comparaître tout tremblant à la barre du tribunal, et qui de l'autre se confie la fonction de juge et l'exerce avec une autorité innée : faute de cette explication, la raison tomberait en contradiction avec elle-même (1). »

Donc, voici le moi-phénomène qui comparaît « tout tremblant » après sa faute : le moi-noumène va-t-il le gronder, le punir ? — Mais à qui la faute, répondra logiquement le moi-phénomène, sinon à vous qui avez ainsi façonné ma natureunefoispourtoutes, à ma naissance?— Et l'accusé s'en reviendra acquitté, comme irresponsable, tandis que son juge, se voilant la face, se verra forcé de faire son propre me^/ culpà. Pour ne pas recommencer à jouer un rôle ridicule, il ne lui reste qu'à supprimer son tribunal, et à n'y traduire jamais plus le moi-phénomène. La suppression du tribunal de la conscience est une conclusion assez inattendue pour une morale qui se dit si haute et si transcendante.

Kant a Vollà douc à quoî a abouti la double fiction de Kant.

ZTTm. D'une part, elle enlève la liberté à l'homme-phéno-

mène qui en aurait besoin, — car ce sont bien nos

(Ij Kant, Eléments métaphysiques de la doctrine de la vertu, § 13, note, citée par M. Fouillée, ibid., p. 169.

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