‹ La liberté et le devoirChapitre 31 sur 205 · I. LA LIBERTÉ. — LA LIBEHTÉ ET LA PSYCUOLOGIE · texte numérisé non relu

I. LA LIBERTÉ. — LA LIBEHTÉ ET LA PSYCUOLOGIE

tention^ de délibération^ de résolutioriy et l'eiïort musculaire.

D'abord l'efToit d'attention. Si nous voulons bien «d, Eiror» prendre la peine de nous observer, au dedans de nos i'»"consciences, il nous sera facile de constater que souvent nous nous surprenons en train de nous laisser aller, dans la rêverie par exemple, au cours tout spontané et involontaire des idées, des images ou des désirs qui traversent notre esprit. Puis, tout à coup, par un effort volontaire, nous reprenons possession de nous-mêmes, nous arrêtons le cours de la vie spontanée, pour rentrer dans la période de la rétlexion. Ce premier effort consiste donc dans un arrêt volontaire.

Cependant nous nous sommes arrêtés, non pour nous fixer dans l'immobilité, mais pour nous diriger dans une autre voie. Laquelle prendrons-nous ? Nous pouvons reprendre volontairement le cours de nos pensées, de nos désirs ou peut-être de nos passions, qui agitaient tout à l'heure notre cœur ; nous pouvons donner un libre essor à ces pensées, à ces passions, ou au contraire les contenir, nous distraire, penser à d'autres objets. Sera-ce la passion mauvaise ou l'amour du bien qui l'emportera dans nos cœurs? C'est ici que se place Veffort de délibération qui nous fait *> Effon faire attention aux avantages et aux inconvénients béraïron. des divers partis qui s'offrent à nous. ; A ce mouvement de délibération, qui nous porte de considération en considération, d'objet en objet, ou de point de vue en points de vue différents du même objet, succède un nouvel arrt'^Par un effort nouveau, c) Effon je termine la délibération qui se pourrait prolonger soimii^. indéfiniment, et je donne mon consentement à tel ou tel parti.

Enfin, nouvel et dernier effort de la volonté pour d) EtTon exécuter le parti pris. C'est l'effort musculaire qui diiÙ)!'.

commande aux divers membres du corps humain chargés de l'exécution intérieure ou extérieure du présent décret.

Ces quatre périodes de Teffort, produisant deux arrêts et deux mouvements successifs, sont un fait de conscience indéniable. Il suffit de les analyser avec plus de soin et de les étudier plus à fond.

Nous pourrions, sans doute, les étudier avec les psycho-physiologistes, dans leurs conditions extérieures,et, pour ainsi dire, dans le retentissement qu'elles ont dans l'organe matériel. M. Ribot ou M. William James nous révéleraient, par exemple, que l'effort musculaire < vient des muscles contractés, des ligaments tendus, des articulations comprimées, de la poitrine fixée, de la glotte fermée, du sourcil froncé, des mâchoires serrées, etc.. (1) ». Mais, quelque curieuses et instructives que soient ces observations extérieures, elles ne nous disent rien du fait de conscience que nous voulons étudier ici, et qui est du ressort de l'observation intérieure.

Revenons donc à l'examen de conscience, nous allons saisir sur le vif l'acte libre jaillissant des profondeurs de notre propre activité.

Nous D'abord, dans l'effort d'attention, lorsque je me surprends par un acte brusque en train d'arrêter, de suspendre ma distraction ou ma rêverie, j'expérimente avec la dernière évidence ^^>^ fait de causalité — nous ne disons pas encore causalité libre — mais un fait de causalité personnelle ou spontanée. En effet, non seulement je saisis l'action suspensive, mais encore l'agent qui produit cette action et que j'appelle moi ; en outre, je saisis clairement que c'est bien l'effort de l'agent qui produit cette action suspensive. Dire que

(1) Thefeeling of effort, in 8», Boston, 1880.

sentons

notre

causalité

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