I. LA LinF.RTK. — LA LIBEIITÉ RT LA MÈTAPUYSIOLK
ment ; — qu'au uiornent où elle veut, elle veuille autrement... Or l'âme est-elle libre, si, quand elle veut, quand elle délibère, quand elle agit, elle n'est pas libre? (Ij >
A celte objection nous pourrions nous contenter de l'-i-onic répliquer : L âme agit comme elle est. Or elle est libre ; donc elle agit librement. Si vous en tirez la conclusion contraire, c'est que vous avez supposé dans la majeure que l'âme est non pas libre mais nécessitée, car si vous aviez supposé avec nous que sa nature est d'être un agent libre, pourquoi vous étonneriezvous qu'elle agisse librement, suivant sa nature ? Le paralogisme est ainsi mis à nu : on suppose dans la majeure ce qui précisément est en question.
Mais, qu'on le remarque bien, si l'un des effets les «'pa»"»
■^ ^ directe.
plus ordinaires de notre liberté est de provoquer en notre âme des changements successifs, — non pas des cbangements de nature, il est vrai, mais des changements accidentels, — parfois superficiels et purement objectifs, tels que choisir tantôt un objet, tantôt un autre semblable ou dillerent, — parfois aussi des changements profonds dans nos jugements, nos désirs, nos volontés, et jusque dans notre caractère; — ces changements sont bien plutôt une imperfection de la liberté que son essence.
Gomme nous aurons occasion de le dire plus d'une fois, la liberté n'est pas un élément de désordre, mais d'ordre et d'harmonie. Partant, nous ne voyons pas pourquoi le sage ne serait plus libre, parce qu'il agirait toujours de même, sans caprice et sans variation, suivant les lumières de la saineraison.Dieu lui-même ne serait-il plus libre, parce que ses volontés immuables sont sans repentance, sans caprice et sans clian-
(I) La Mellric, De l'homme, de ses facultés, etc. sect. VII, c. 1, note '2.
gement? Il me semble que nous devons au contraire lui attribuer la liberté la plus parfaite. D'où nous pouvons conclure avec assurance que l'impossibilité de changer,— qui vient, non de la nécessité, mais de la sagesse et de la perfection même de la volonté, — n'étant nullement contraire à l'essence de la liberté, l'objection qui prétendait que l'âme n'est par libre, parce qu'elle ne peut changer, pèche encore par ce défaut que les logiciens appellent ignorance de la question, ignoratio elenchi.
^à^fm. ^^^ objections tirées jusqu'ici par nos adversaires saiiié. des principes de substance, de contradiction ou d'identité, ne sont encore que des escarmouches inofïensives. La bataille sérieuse va s'engager au nom des principes de causalité et de raison suffisante. C'est là le vrai champ de bataille de la métaphysique, où les déterministes ont donné rendez-vous aux partisans du libre arbitre.
Et d'abord est-il vrai quel'acte libre serait « un effet sans cause », et partant une impossibilité ? liKst- Depuis un siècle environ, les adversaires du libre eirîisans arbitre, — et, ce qui est plus grave, la plupart de ses cause? défenseurs étrangers aux traditions de l'Ecole, — s'en vont répétant avec un touchant accord que l'acte libre ne doit être déterminé par aucune cause ; en conséquence ils'assurent quel'acte libre est un effet sayis cause, un comme?iccment absolu; ou, ce qui revient au même, la liberté s'élèverait toute seule et sans aucune prémotion antérieure, de 1 a puissance à V acte, au. repos au mouvement. C'est ainsi qu'elle serait vraiment autotnobile, indépendante, eiquellese déterminerait elle-même, par elle seule, ou si Ton veut*'^ causerait elle-même, « sui causa >.