I. LA LIBERTÉ. — LA LIHEinK KT LA MKTAPH YSIQUE
vers ce but général, rend inintelligible la manière dont la volonté libre peut se déterminer elle-môme à des actes subséquents.
Tant est grande la puissance et l'unité de la syn- iniié Jo tbùse thomiste ! Il est rare qu'on puisse en retrancher »ynihé»c une pierre sans ébranler l'édifice tout entier. Nier la tendance nécessaire de la volonté vers le bonheur absolu, c'est ne pas comprendre que cette tendance nécessaire vers la béatitude est précisément le ressort ou le point d'appui du libre arbitre, comme l'absolu est la raison du contingent, la cause immobile la raison dernière du mouvement (1) !
Nous venons d'examiner la notion du libre arbitre pnncipt au point de vue du principe de causalité. (Ju'est-ce sufSc qu'une faculté qui se meut elle-même pour passer de la puissance à l'acte, de l'indétermination à la détermination? Est-ce un eiïet sans cause, un commencement absolu de mouvement? Nous avons vu que non, et nous avons réconcilié la liberté avec la causalité.
Il nous reste à la réconcilier avec le principe de Nouvelle raison suffisanle. Quelle idée se faire d'une cause, qui dans des conditions identiques, est capable de produire des effets opposés? S'il n'y a pas de raison suffisante d'agir de telle manière, n'est-ce pas impossible d'agir ainsi ; et s'il y en a une, n'est-il pas impossible d'agir autrement ?
Ou voit combien l'objection semble pressante : essayons d'y répondre.
S'il n'y a pas de raison suffisante pour agir, il est
(1) « Illud quod naturaliter alicui convenit, et immobiliter, est fiin dameutum et principiiun oniniuni aliorum : quia natura rei est primum in unoquoque, et omnis motus procedit ab aliquo imiaobili. » S. Tliomas, 1 , q. 8'<J, a. 1, c.
clair qu'on n'agira pas. Nous accordons ce premier point aux déterministes, en refusant, comme eux, d'admettre la possibilité de la liberté d'indifférence^ de ce pouvoir absurde qui consisterait à agir raisonnablement, et sans raison d'agir. Le principe de raison suffisante étant universel et absolu, la liberté ne saurait consister à s'en exempter, pas plus que des principes de contradiction ou d'identité. Principe Rcstc à savolr si, étant donné une raison pour agir
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solution. Je telle manière, il sera toujours impossible d'agir autrement. — Nous répondrons que s'il est impossible de trouver une nouvelle raison pour agir autrement, il sera pareillement impossible d'agir autrement, mais que, dans un très grand nombre de cas, cela est possible à notre esprit. En sorte que la liberté de la volonté ne vient pas de la possibilité d'agir sans raison, mais de la puissance indéfinie de la raison à concevoir presque toujours de nouvelles raisons contraires ou différentes, de façon à pouvoir presque toujours agir autrement.
Le principe de raison suffisante est donc pleinement sauvegardé. Mais ce point difficile, et pourtant capital, exige de nous de plus amples développements. Quatre Rcvenous à l'analyse psychologique déjà faite des
tions^dû quatre stades de la liberté, et voyons comment notre
principe, g^plicatiou générale s'applique à chacune de ces périodes de notre libre arbitre.
1" Ap- Nous avons appelé la première période, effort d'at-
pi.'cai.on. i(,Yitio7i ou de réftexion , \)diY lequel effort nous suspendons le cours de notre vie spontanée pour réfléchir et délibérer. Nous suspendons, par exemple, un mouvement de paresse, de sensualité, de découragement, pour examiner si le bien réel ou fictif que nous poursuivons doit continuer à être poursuivi par nous. Ce mouvement d'arrêt a-t-il une raison suffisante?