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I. LA LIBERTÉ. — LA LIBERTÉ r:T LA MÉTAPnYSIOL'E

dente ni conséquente à l'action liumaine, l'accord de la volonté divine et de la liberté humaine est un accord intemporel, qui échappe à nos distinctions temporelles.

Ainsi la liberté humaine n'est plus un empire dans evu* l'empire de Dieu, comme le craignait Spinoza; il n'y a excè» qu'un seul empire où la liberté a sa place, car Dieu sait arriver à ses fins, en tenant compte de toutes les contingences et de toutes les libertés qu'il a voulu faire entrer dans son plan ; en dépendant de la liberté humaine, dans la mesure où il lui plaît, il ne dépend que de lui-même. Tel est, ce nous semble, le principe de solution et d'harmonie qui évite les deux excès opposés : des déterministes qui nient la liberté de l'homme, pour sauver l'empire de Dieu, et l'excès de Scot Erigène, Jouirroy, Secrétan, etc., qui nient la prescience et le concours, c'est-à-dire l'empire de Dieu, pour mieux assurer l'empire de l'homme, comme s'il fallait supprimer la source pourmaintenirle fleuve, ou supprimer le fleuve pour maintenir la source ! Alors que les deux termes s'unissent et s'harmonisent dans une mystérieuse synthèse.

Corollaire La preuve métaphysique de la liberté.

Nous venons de parcourir les principales objections cette contre la liberté que les déterministes ont tirées des iLl^ue premiers principes de la métaphysique : principes de p"*"'''^^ substance, de contradiction, d'identité, de causalité, de raison suffisante, et enfin principe d'ordre; et nous croyons avoir démontré que ces objections, parfois i ngénieuses et subtiles, étaient incapables de détruire

Thomas.

le fait du libre arbitre, tel qu'il ressort du double témoignage de la conscience morale et psycliologique.

Ces objections ont eu l'avantage de nous faire démasquer les fausses idées que l'on se fait parfois du libre arbitre, et de nous forcer à préciser sa notion véritable, à la lumière de ces mêmes principes, fondement de toute métaphysique.

Cette lumière peut-elle conduire encore plus loin ? Après nous avoir montré que la notion de liberté est intelligible et possible, peut-elle démontrer que Fhomme doit être libre parce qu'il est raisonnable, et qu'un être raisonnable ne peut pas ne pas être libre ? Belle S. Thomas n'hésite pas à nous l'affirmer (1). Il a

réponse '

^de ;S-^ même insisté avec tant de force sur cette preuve a prun^i, que nous nous reprocherions de Tomettre, car elle complète à merveille la preuve psychologique et la preuve morale.

Etant donné, d'une part, un être raisonnable qui conçoit l'idéal, le bien universel, la béatitude, et qui

(1) « In inotu cujuslibet potentiae a suo objecte consideranda est ratio per quani objectum movet potentiam. Visibiie enim inovet visum sub ratione coloris actu visibilis : unde, si color proponatur visui, ex necessitate movet ipsum nisi aliquis visum avertat (quod perlinet ad exercitium actus). Si autem proponeretur aliquid visui quod non omnibus modis esset coloratuni in actu, sed secundum aliquid esset taie, secundum autem aliquid non taie, non ex necessitate visus taie objectum videret ; posset enim intendere in ipsum ex ea parte qua non est coloratuni in actu, et sic ipsum non videret. Sicut autem coloratuni in actu est objectum visus, ita bonum est objectum voluntatis. Unde, si proponatur aliquod objectum voluntati quod sit universaliter bonum et secundum omnem considerationem, ex necessitate voluntas in illud tendit, si aliquid velit : non enim poterit velle oppositum. Si autem proponatur ei aliquod objectum quod non secundum aliquam considerationem sit bonum, non ex necessitate voluntas fertur in illud. Et quia defectus cujuscumque boni habet rationem non boni, ideo illud soluni bonum quod est perfectum, et cui nihil déficit, est taie bonum quod voluntas non potest non velle, quod est beatitudo. Alla autem quaelibet particularia bona, in quantum deficiunt ab aliquo bono, possunt accipi ut non bona ; et secundum hanc considerationem possunt repudiari. » S. Thomas, la 2je, q. lo, a. 2, c.

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