‹ La liberté et le devoirChapitre 70 sur 205 · I. LA r.IBERTK. — LA LIHKKTR KT LES SCIENCKS MODERNES · texte numérisé non relu

I. LA r.IBERTK. — LA LIHKKTR KT LES SCIENCKS MODERNES

Mais i)Oi]rquoi la science absolument parfaite, la vme» science (lui pourrait tout prévoir, jusque dans les duM»oir

, . , , • ■ • L • humain.

moindres détails, n être jamais surprise, et ne rien ignorer, pouriiuoi une telle science serait-elle nécessaire à riioinine ?

Qu'on lions démontre qu'une telle science soit possible et soit naturelle à 1 homme, en un mot qu'elle soit une science humaine et non pas divine ; et lorsque cette démonstration sera faite nous rendrons loyalement les armes.

Jus({ue là, demandons à l'expérience, — elle seule peut nous l'apprendre, — ({uelles sont les vraies limites du savoir humain et de sa puissance prophétique. Et ces limites une fois constatées, — quelles qu'elles soient, — n'ayons pas la prétention de les franchir.

Or l'expérience nous apprend que la certitude des sciences expérimentales ne saurait être ({ue relative et hypothétique, tandis que la certitude des sciences mathématiques ou a priori est absolue.

Les trois angles d'un triangle seront toujours égaux à deux droits ; le plus court chemin d'un point à un autre sera toujours la ligne droite, et le libre arbitre de l'homme, ni même celui de Dieu, ne peuvent conditionner ces vérités en aucune façon.

Au contraire, lorsque je cherche à calculer la vitesse Les pré-

,, , 11 111 visions

d une pierre tombant vers le centre de la terre, ou s..ni d une masse d eau sur une pente donnée, les lois tor- liqncs. mulées par la Physique me conduiront à des prévisions certaines, supposé toutefois que le cours des lois de la pesanteur ne soit troublé par aucune cause étrangère. Un coup de vent imprévu, un coup d'aile d'un oiseau qui passe,rinterventiondela main derhomme, — libre ou fatale peu importe, — et mille causes

imprévues analogues suffiraient à déconcerter toutes les prévisions de la science la plus exacte.

Est-ce à dire pour cela que les sciences physiques soient ruinées par la base ou impossibles à constituer ? Nullement. Que l'intervention de ma main pour dévier la pierre qui tombe soit le produit de la liberté ou de la nécessité, les lois de la gravitation n'en demeurent pas moins la base certaine et inébranlable de tout Tédifice scientifique, et les prévisions de la science physique demeurent aussi sûres que dans toutes les prévisions humaines, où peuvent se rencontrer des entrecroisements de causes imprévues.

Parmi ces causes imprévues, Fintervention de l'homme a toujours joué un certain rôle, même dans l'hypothèse déterministe, et cela n'a pas empêché la science de se constituer, de prévoir l'avenir autant que le comportentles limites d'une science humaine, et d'arriver à ces magnifiques résultats qui émerveillent notre génération. Il y aura donc toujours pour l'homme des causes imprévues, que le libre arbitre existe ou n'existe pas, et la science humaine sera toujours à la fois certaine, et relative à des conditions hypothétiques. Il faut s'y résigner.

La loi de Ce n'est pas seulement le postulat de l'universelle vS'de nécessité et de l'universelle prévisibilité que la science l'énergie. ^ essayé d'opposer à l'existence du libre arbitre, c'est encore une autre vue générale de l'esprit, à laquelle des expériences récentes et célèbres ont apporté un commencement de preuve ou de vérification expérimentale, et qui passe déjà pour un des fondements les plus incontestés de la science au XX' siècle, nous voulons parler du principe de la conservation ou de la permanence de l'énergie.

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