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I. LA LIBERTÉ. — LA LIBKRTÉ ET LKS SCIENCES MODERNES

Le commandement de la volontû est donc cause formelle, comme il est aussi cause finale de l'acte impéré ; mais, redisons-le, ni la cause finale, ni la cause formelle ne peuvent remplacer la cause efficiente qui seule produit Telfet (1). Et puisque une môme activité peut avoir cette triple causalité. — à des points (le vue diderents, — il nous faut nous hâter de restituer à la volonté la causalité molrice ou efficiente, qui est son rôle premier et essentiel, comme S. Thomas, dans le passage cité, le dit expressément.

Mais alors la solution cherchée reste toujours à trouver et la question n'a pas fait le premier pas. II s'agit en effet d'expliquer comment la causalité motrice ou efficiente de la volonté peut donner le branle et la direction, aux énergies matérielles de ses propres organes, sans augmenter l'énergie totale.

La solution proposée par le P. de Munnvnck(2), Le p.

, , "^ ^ ■" de Miin-

— qui parait remplacer la lormalile accidentelle de la «ynik. volonté par la causalité substantielle de Tàme ellemême, — est encore moins heureuse que les précédentes, puisqu'aux simples lacunes des premières

habeat muUitudinem partiuin ; ita etiaiu in actibus humanis aclus inferioris potentiîc inaterialiter se habet ad actum superioris, in quantum inferior potentia agit in virtuto superioris moventis ipsani. Sic enim et aetus moventis primi formaliler se habet ad actum instrumenti. Unde palet quod imperium et aclus iinperatussunt unus actus humanus ; sicut quoddam lotum est unum, sed est secundum partes multa. » S. Tiionias, la -iœ, p, 17, a. 4, c.

(1) D'après la théorie fondamentale, quatre causes sont également essentielles à tout etfet corporel : la cause efllciente produit l'etTet ; la cause finale l'oriente vers un but ; et les causes formelle et matérielle le constituent dans son espèce. Ces puissances causales sont distinctes, lors même qu'elles prendraient leur source dans le même être. Ainsi dans la génération, c'est la même Ame qui donne au mouvement vital son excitation, son orientation et sa forme, "Etto -h -^-j'/r^ xai wç -h xivoûaa xai wç rô tD.o;, Arisl. De partibus animal'., I, c. 1 ; Cf. /'/ij/s., II, c. 7 ; Cf. S. Thomas, De principiis naturœ, 4» part. ; De Régnon, Mélapli. des causes, liv. 7, chap. 2.

(2) De Munnynck, lievue llioniisle, mai 1897, janvier 1899. La conservnlion de l'énergie et la liberté morale (Bloud et Barrai, H)00).

solutions, elle ajoute des complications métaphysiques bien peu vraisemblables. Ainsi, — sans parler de l'action directe de la substance de l'âme sans l'instrument des facultés, qu'aucun Thomiste n'admettra facilement, — il attribue : 1° l'effet prohibant à la causalité formelle et substantielle de l'àme informant la cellule nerveuse et l'empêchant d'agir ; 2* l'effet décrochant à la causalité efficiente de l'âme agissant sur elle-même pour faire cesser son information de la dite cellule ; 3° l'effet dirigeant à une autre causalité. Serait-ce à une causalité finale ? On ne le dit pas.

Quoi qu'il en soit, cette diversité de causes est assez arbitraire, car c'est par un même commandement, ma conscience en témoigne, que ma volonté produit également ces trois effets. Il faut donc toujours recourir à une causalité efficiente : impossible de s'en passer.

Quant à soumettre l'information substantielle de l'àme au bon plaisir de la volonté qui pourrait à son gré lui commander d'informer ou de cesser d'informer certaines cellules nerveuses, pour produire l'effet prohibant ou décrochant, c'est là une hypothèse aussi contestable que la prétendue identification qu'elle présuppose de tout effet prohibant à un acte d'assimilation, et de tout effet décrochant à un acte de désassimilation organique.

Malgré ces graves défauts, nous convenons d'ailleurs bien volontiers que cette opinion, comme les deux précédentes, a eu le grand mérite d'orienter les recherches des penseurs « du côté du composé humain > et de ses actes immanents, où se trouve, selon nous, le véritable terrain d'entente et de solution.

Le R. P. Couaillac est allé beaucoup plus loin que

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