‹ La liberté et le devoirChapitre 84 sur 205 · I. LA LIBEHTK. — LA LIBKHTK KT LES SCIENCES MODEHNES · texte numérisé non relu

I. LA LIBEHTK. — LA LIBKHTK KT LES SCIENCES MODEHNES

que s'explique tout naturellement comment < sans rien produire, l'homme peut être seulement doué de la faculù; de convertir les énergies (actuelles et potentielles) les unes dans les autres, et de restituer fidèlement sous des formes variées, la quantité que luimême a reçue... » en sorte que « la liberté n'ajoute rien au réservoir commun des énergies i)hysi(jues ; elle est un simple épisode de leur transformation (1) ». La science constate le fait, et la philosophie de S. Thomas l'explique à merveille.

Ces résultats généraux des sciences de la nature, Les ob- — conservation de l'énergie, enchaînement universel ^"de'u" des phénomènes, — ne sont pas les seules machines '"''^gie'."' de guerre dont les savants se servent pour battre en brèche le libre arbitre ; certaines sciences particulières, et la physiologie en tête, leur ont fourni d'autres armes, dont il nous reste à mesurer la portée.

Cette tendance générale des sciences , que nous avons déjà critiquée, à juger du dedans parle dehors, à inférer des lois de la matière aux lois de l'esprit, s'est surtout accusée en physiologie. Cette science, précieuse auxiliaire de la psychologie, en est venue dans un moment de vaine complaisance pour ses découvertes récentes, à croire que « l'ancienne psychologie » a fait son temps, et qu'elle était destinée par droit de naissance à recueillir son héritage et à la remplacer.

De là cet engoùment exclusif pour la seule observation extérieure, et cette suspicion, ce dédain que l'on affiche pour l'observation interne. A ce point, que l'on ne consulte môme plus la conscience pour con-

(l) Do Freyciiiet, Essai sur la philosophie des sciences, 1900. p o3l

lontaire .

naître les choses de la conscience, ou que Ton ne l'interroge que pour lui nrrachei' des aveux ou surprendre en elle des contradictions dont on triomphe. L'aimant Voici parcxeuiple la manière dont M. Ribot procède dii yo- pour étudier l'acte par excellence de la volonté réfléchie, qu'on appelle le choix. « Qu'est-il considéré dans son fond et non plus dans sa forme (physiologique)? Insistons, dit-il, sur ce point fondamental et essayons de l'éclaircir. En descendant à quelques faits biologiques très humbles, nous verrons mieux peut-être \J:) en quoi consiste un choix.

« Pour ne pas m'égarerdans de lointaines analogies, je ne dirai rien deViiffinité phi/sigite, par exemple, de l'aimant pour le fer. Dans le règne végétal, les plantes insectivores, comme la dionée, choisissent, à l'exclusion des autres, certains corps qui viennent à leur contact. L'amibe choisit de même certains fragments organiques dont elle se nourrit. Ces faits sont incontestables ; l'interprétation est difficile. On les explique en général par un rapport de composition moléculaire entre ce qui choisit et ce qui est choisi. Sans doute ici le choix s'exerce dans un champ très restreint; mais aussi n'est-ce que la forme la plus grossière, presque physique. La naissance et le développement d'un système nerveux de plus en plus complexe, transforment cette aflînité aveugle en une tendance consciente, puis en plusieurs tendances contraires dont l'une l'emporte, — celle qui représente le maximum d' affinité... plus l'affinité est faible, moins la préférence est marquée. — Nous pouvons donc dire que le choix., est toujours fondé sur une affinité, une analogie de nature, une adaptation. Cela est vrai chez l'animal inférieur ou supérieur et chez l'homme, pour le vice ou pour la

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