‹ La liberté et le devoirChapitre 85 sur 205 · I. LA LIUKUrÉ.— LA LIHKRTK KT LES SCIENCES MODERNES · texte numérisé non relu

I. LA LIUKUrÉ.— LA LIHKRTK KT LES SCIENCES MODERNES

vertu, la science on le |»laisiron l'anfibition... C'est la 5£?r</^ explication possible du choix ^1). >

Tel est donc le nouveau procédé. Pour comprendre criii.i..e. ce qu'est l'acte de conscience qu'on appelle le choix, gardez-vous bien d'interroger la conscience. Ktudiez le choix dans l'animal, dans la plante, dans l'amibe et la dionée; étudiez le choix de l'aimant pour le fer doux, et vous pourrez conclure, à quehjues nuances près, ce qu'est le choix raisonnable de l'homme. Or dans l'animal, la plante et le fer doux, le choix n'est qu'une simple affinité fatale entre la nature de ce qui choisit et de ce qui est choisi ; donc il en doit être à peu près de même pour l'homme : le type élémentaire du choix raisonnable c'est l'affinité de l'aimant pour le fer doux.

Le paradoxe paraîtra quelque peu outré, pour un Lerônexe lecteur non prévenu. Aussi les physiologistes, et dîf'vo- M. Ribot lui-même, l'ont-ils légèrement atténué dans '°""""" d'autres passages. Au lieu d'aller chercher le type de l'activité libre dans la plante ou l'aimant, on préfère le prendre dans le plus bas degré de la sensibilité animale, dans l'acte réflexe. L'écart est moins grand, mais quelque atténué qu'il paraisse, le paradoxe persiste.

L'acte réflexe est une réaction involontaire et souvent inconsciente, que provoque une sensation involontaire et souvent inconsciente. Comment Tinconscient, l'irréfléchi, l'involontaire, serait-il le type inférieur et amoindri de la conscience, de la réflexion, et du volontaire ? Autant vaudrait-il chercher le type de la vertu dans le vice, de la vérité dans l'erreur ou de l'être dans le non-être.

Cette règle élémentaire de logique n'empêche pas

. (1) Ribot, Les maladies de la volonté, p. ^8.

Messieurs les Physiologistes de poser hardiment en axiomes des affirmations gratuites comme celles-ci : « La volition est le dernier terme d'une évolution progressive dont le réflexe simple est le premier échelon. » — « Elle n'est qu'un cas extrêmement compliqué de la loi des réflexes >. — « Le réflexe est le type unique de toute vie de relation, de toute activité (1). »

viccde Aussi M. Piat (2) a-t-il eu mille fois raison de dire

méthode. ,

que la méthode de M. Ril)Ot, qui a la prétention d'être tout expérimentale, est souvent « pénétrée, doublée et triplée d'apHori ». Ces analogies si lointaines que l'on croit découvrir entre le choix volontaire et le choix de l'aimant pour le fer doux, ou bien entre le volontaire et le réflexe, ne sont que des vues arbitraires de l'esprit des plus contestables ; elles se fon- ■ dent sur le système de l'évolution, mais rien n'est moins prouvé que ce système ; et, serait-il prouvé, l'évolution de l'être aurait dû se faire en passant du divers au divers, et non pas du mèrae au même par voie de simple complication. A la matière brute s'ajoute la vie, à la vie s'ajoute la sensibilité et la conscience, à la vie sensible la vie raisonnable. Chacun de ces nouveaux états est quelque cliose d'absolument hétérogène, et non pas une simple complication du précédent. En sorte que rechercher la nature et les lois du supérieur dans l'inférieur, vouloir juger de l'activité raisonnable, par l'activité organique du réflexe, et finalement par l'activité inorganique de l'aimant, c'est se faire une étrange illusion, car on n'explique rien.

.Ses Que si la méthode du physiologiste, au lieu de s'é-

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négatifs, garer et de se complaire dans ces vues à pWoW, qu'elle

(Il Ribot, Ibid., p. 4, 11, 13, 33, 152, 180. (2) PiRt, La liberté, II, p. 'i9, 31.

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