‹ La libertéChapitre 11 sur 85 · Affaire de Pomereu · texte numérisé non relu

Affaire de Pomereu

comme un propriétaire de sa chose , et disaient fière* ment qu'ils n'étaient responsables de leur conduite que devant Dieu ^

C'est ainsi que Henri lY ^ pour ne pas l'emonter plus haut y déclarait en plein parlement que sa volonté devait servir de raison \ Il se croyait « au-dessus des lois, » et c'est ce que reconnaissait expressément le premier président Achille de Harlay en lui portant les remontrances du parlement sur le rétablissement des jésuites *. Louis XIII , ou pour mieux dire Richelieu , ne souffrait guère t à ce qu'il semble , que sa volonté fût discutée. Il ne croyait pas que le gouvernement fût possible si Ton ne trouvait moyen d'échapper « aux épines des compagnies qui font difficulté de tout / »

1. c Quant aux institutions, la royauté, dans sa prérogative sans limiUSy les recouvre et les embrasse toutes, hors une seule, les états généraux , dont le pouvoir mal défini , ombre de la souveraineté nationale , apparaît dans les temps de crise, i (Aug. Thierry, le Tiers état, p. 6.)

2. La Cour des comptes de Nantes ayant fait difficulté d'enregistrer le traité conclu avec le duc de Hercœur, Henri IV écrivit : c La Cour s'est tant oubliée ^ue d'avoir pensé que j'envoyois mes articles secrets vers mon cousin le duc de Mercœur pour en avçir avis , et les mettre en délibération. En telles affaires, je ne communique mon pouvoir à personne : à moi seul appartient , en mon royaume , d'accorder, traiter, faire guerre ou faire paix, ainsi qu'il me plaira. C'a été une grande témérité aux ofQciers de madite chambre de penser diminuer un iota de ce que j'ai accordé. > {Lettres missives^ t. IV, p. 970.)

3. En leOi^.Voy. deThou,*liv. CXXXII. Éd. de 1734, t. XIY, p. 309. k. Montesquieu (un parlementaire) dit en rapportant ce passage

du Testament politique : c Quand cet homme n'auroit pas eu le despotisme dans le cœur, il l'auroit eu dans la tète. » (Esprit des Lois^ liv. y, chap. X, édit. Lahure, 1. 1, p* 49.)

iOO INTRODUCTION.

Louis XrV poussait si loin Tivresse du souverain pouvoir qu^il appelait publiquement au trône ses enfants doublement adultérins , montrant ainsi qu'il se prenait pour la loi vivante , legem animatam , et que les lois mêmes de la nature devaient fléchir devant lui. ce La volonté de Dieu, ditr-il dans ses Mémoires 9 est que quiconque est né sujet obéisse sans discernement ^ >> Il était plein de mépris pour M ces corps formés de tant de tètes, » comme il appelait avec dédain les parlements'; et il regar* dait comme la dernière calamité où « un homme de notre rang » pût être réduit , « Tassujettisseihent qui met le souverain dans la nécessité de prendre la loi de ses peuples ^ » Louis XY ayant prononcé ces dures paroles : « C'est à moi seul qu'appartient le pouvoir législatif, sans dépendance et sa^iS partage^; » le parlement reconnut humblement, dans les remontrances qu'il présenta quelques jours après, que cette omnipotence du roi était la vraie doctrine constitutionnelle, et que le roi n'était comptable qu'à Dieu seul de Texercice du pouvoir suprême. Même le dernier roi de France Louis XVI, malgré ses intentions incontestablement bienfaisantes et son réel amour pour le peuple, répéta plus d'une fois qu'il ne devait compte qu'à Dieu de l'exercice

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