Le 3 mars
de son pouvoir ; qu'il avait reçu de ses ancêtres la plénitude de la puissance royale , et qu'il devait en remettre le dépôt intact à ses descendants ^ « Mon peuple ne fait qu'un avec moi, disait-il '; ses droits et ses intérêts sont les miens; c'est dans ma main seule qu'ils reposent , et j'en suis le gardien suprême. Vos arrêts et vos arrêtés ne. doivent jamais vous faire des titres pour défendre ce que j'ai or^ donné , ou pour ordonner rien de contraire à mes volontés. » Et comme le parlement de Paris essayait de soutenir que le roi, quand il venait au parlement, devait se soumettre à la majorité, le roi , triomphant de la multiplicité de ces cours suprêmes qui toutes avaient le même droit d'enregistrement, répondit qu'on voulait réduire la monarchie à n'être plus qu'une aristocratie de magistrats', et le législateur à avoir autant de volontés qu'il y aurait de délibérations différentes dans les parlements. « Je dois garantir la nation d'un pareil malheur, ajoutait-il. De combien de lois utiles la France n'est-elle pas redevable à l'autorité de ses rois, qui les ont fait enregistrer non-seulement sans égard à la pluralité des suffrages, mais contre cette pluralité même, et malgré ta résistance des parlements ! >)
1. Discours du garde des sceaux (Lamoignon) à la séance du roi au parlement, le 19 novembre 1787.
2. Réponse du roi aux députés du parlement de Besançon, le 10 janvier 1783.