Art
de concilier équitablement les droits de la liberté et ceux de Tautorité paternelle , et même à tenir compte de ce qu'exige à un moment donné la situation générale des mœurs publiques. Mais quelque parti que Ton prenne sur l'âge de la majorité et sur le nombre des actes respectueux, le principe doit être fermement maintenu : c'est le principe même de la perpétuité des familles, de la solidarité de sentiments j d'honneur, d'intérêts qui unit tous ceux qui portent le même nom et sortent du même sang.
Il est même à regretter que la loi , en constituant le conseil de famille pour quelques cas très-déterminés' , ne lui ait pas conféré plus d'attributions, ou du moins un droit d'intervention plus étendu. Cette juridiction intérieure , soumise à l'appel dans tous les cas , et qu'il aurait été facile de renfermer dans de justes bornes, aurait rendu fréquemment l'action des tribunaux inutile, sans rien ajouter, d'ailleurs, aux prescriptions ni aux prohibitions légales. Le père , la mère et l'enfant forment sans doute à eux seuls une famille^ mais ce n'est qu'un anneau dans une chaîne, puisque le même homme est enfant dans une famille et chef dans une autre; puisque tout cœur humain est fait pour éprouver les sentiments de l'amour filial et ceux de l'amour paternel. Ces sentiments , si différents dans leurs effets , sortent du même foyer et se fortifient l'un par