‹ La libertéChapitre 46 sur 85 · Art · texte numérisé non relu

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qui la légitime ? et que , sous prétexte de faire le mariage plus libre, vous en rendez les devoirs plus embarrassants et plus difficiles ?

Pour toutes ces raisons, et pour beaucoup d'autres qui tiennent à des détails d'afiEaires et de jurisprudence, et qui ne sauraient trouver place ici, le divorce est mauvais. Cependant, je le répète, il sera rétabli tôt ou tard , parce que le courant va de ce côté. L'irrévocable disparaîtra à la fin de nos lois , de toutes nos lois. Il y a d'ailleurs l'exemple des grands pays où le divorce est admis ^ On ne voit pas que l'Angleterre* et l'Allemagne donnent raison à nos craintes. Cet argument sera invoqué contre nous avec autorité. Nous rappellerons au moins que, chez nos voisins , les mœurs luttent contre la loi. Le divorce est permis , mais il n'est pas pratiqué.

1. Le divorce est permis pour les non-catholiques, en Autriche (art 115 du Code), en Sardaigne (art. 150).

2. L'expérience n'est pas faite pour TAngleterre. On peut dire que le divorce n'y existe que depuis les actes du parlement des 28 août 1857 et 2 août 1858. Jusqu'à présent le divorce y était entouré de tant de difficultés qu'elles équivalaient presque à une interdiction. La procédure comprenait trois actes distincts devant trois juridictions différentes. 11 fallait, en premier lieu, ou qu'une action en conversation criminelle fût intentée contre le complice de l'adultère, ou qu'un verdict de dommages-intérêts fût obtenu. On s'adres-sait alors à la Cour ecclésiastique , qui recommençait toute l'enquête et prononçait un décret de séparation à mensà et thoro, équivalente à notre séparation de corps. Enfin , la cause en cet état , on recourait au parlement pour obtenir la faculté de se remarier, c'est-à-dire, à proprement parler, le divorce. Toutes ces formalités, la dernière surtout, étaient fort dispendieuses. On calcule qu'il n'en coûtait jamais moins de mille livres [25 000 fr.) pour divorcer. Les frais s'élevaient quelquefois beaucoup plus haut.

Dieu veuille que chez nous le lien naturel de la famille se resserre de plus en plus au moment où le lien légal est menacé ! Il faut qu'un peuple ait la religion du foyer domestique , et qu'il mette les sentiments de la famille en dehors et au-dessus de toutes les affections humaines* Il le faut pour sa moralité , pour son honneur , pour sa liberté. La liberté du citoyen s'appuie sur Tautorité du père. Il faut qu'un homme soit puissant et respecté dans sa famille, pour être puissant et respecté dans l'État.

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