‹ La libertéChapitre 74 sur 85 · Séance du 17 pluviôse an ii (5 février 179(i · texte numérisé non relu

Séance du 17 pluviôse an ii (5 février 179(i

citoyen ^ On connaît les désastres de Saint-Domingue, et la persistance de Tesclavage aux Antilles, en dépit delà Convention, ou plutôt en dépit de la Révolution. Le droit de propriété remportait là une triste victoire. Ce qui paraissait impossible fut facile dès qu'on le voulut résolument. Le gouvernement provisoire de 1848 rendit un décret qui abolissait à jamais l'esclavage dans les colonies françaises, en posant le principe .d'une indemnité pour les propriétaires dépossédés*. Cette indemnité fut fixée à la somme de quatre-vingt-dix millions par une loi du 23 août 1 848. Je regrette, je Tavoue, qu'en rachetant la liberté des esclaves, on ait paru donner tort aux décrets de la Constituante qui prescrivaient la destruction sans rachat de la féodalité dominante. La liberté de l'homme n'est pas un objet qui puisse se racheter, puisqu'elle ne pouvait pas se vendre*. Il fallait constater purement et simplement, par une déclaration solennelle, que Tesclavage est une violation de la loi divine ; et comme la France avait à s'imputer d'avoir souffert longtemps le trafic et la possession des esclaves dans les colonies, elle pouvait se condamner à une amende au profit de ceux qui , sur la foi de son

1 . Cf. le décret du 27 avril 1848 , art. 8. (Modifié en 1858.)

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