‹ La liberté morale (volume 3)Chapitre 114 sur 196 · Voir Cabanis, M. Vogt, etc · texte numérisé non relu

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2. Démocrite, Épicure, d'Holbach arrivent à la même conclusion. Gall détermine nos dispositions morales aussi bien que nos facultés intellectuelles d'après les formes de notre cerveau.

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lisme de tout à l'heure. — Aristote l'a dit, la scolastique l'a répété, il n'y a rien dans l'intelligence qui n'ait été dans la sensation. Telle est la source unique de nos idées; elles ne sont que des sensations transformées. Dès lors le cerveau, M. Secrétan le remarque finement, n'est plus qu'un magasin où l'on entasse des marchandises apportées du dehors ; rien ne vient du dedans. Donc il n'y a rien d'inné en nous et les bases de la morale s'écroulent en même temps que celles de la raison , Locke et Condillac mènent logiquement au scepticisme.

On sait avec quelle énergie Kant a protesté contre cet empirisme, fils légitime de la sensation transformée. Épouvanté de voir que l'idée morale allait sombrer, il s'est mis à relever au nom du devoir ce qu'il avait tant aidé à démolir. Mais bien des gens ont adopté ses négations sans accepter ses affirmations repentantes, et le dix-neuvième siècle a subi une invasion du sensualisme douteur qui sera, prenons-y garde, un des périls de la liberté moderne.

Comment Hegel est sorti de Kant, toutes les histoires de la philosophie le racontent. Du jour où Kant eut limité la certitude à notre propre pensée, nous interdisant d'affirmer aucune réalité en dehors de nous, le règne de l'Idée souveraine commençait et l'idéalisme transcendental devait naître. En effet, dans la voie ouverte se précipitent l'un après l'autre Fichte, Schelling et Hegel. L'Idée apparaît, tantôt comme la seule réalité, tantôt comme la formule et la règle des réalités extérieures, du monde et de Dieu.

Et plus l'Idée devient reine, plus elle devient impersonnelle et esclave. L'écrou de la nécessité se serre de

plus en plus sur elle. Elle n'est pas à moi cette pensée qui gouverne toutes choses et qui se développe dans l'histoire selon un rhythme invariable ; elle n'est pas à moi et je suis à elle. Je ne pense plus, je ne veux plus librement. Vous pouvez me dire que mon esprit est la loi des événements et que Dieu y prend conscience de soi, ce qu'il y a de certain, c'est que j'y perds conscience de moi-même, que je m'absorbe et me noie dans mon absurde grandeur.

Le vertige ne vous prend-il pas à la vue du mécanisme effroyable où sont broyées au sein des évolutions fatales la personne divine, la personne humaine, la responsabilité, la liberté? Si tout ce qui est rationnel est réel, si l'histoire est le développement de l'esprit universel dans le temps, mon libre arbitre n'a que faire dans cette marche nécessaire de l'esprit. Tout ce que j'entrevois encore vaguement, c'est que l'idéalisme vient aboutir au panthéisme, que Dieu (un Dieu inerte et esclave lui-même) est l'unité absolue, que le monde n'est que son reflet et que nous avons retrouvé les formules indiennes sur l'illusion des choses visibles.

Le panthéisme est notre conclusion obligée quand nous prétendons nous passer de Dieu. Nous le mettons partout pour ne le rencontrer nulle part. Quel soulagement d'être délivrés à la fois de notre maître et de notre liberté! Ni l'homme ni Dieu ne subsistent au sein des doctrines panthéistes : une nature souveraine, une puissance formatrice, une matière éternelle qui agit éternellement et qui nous dispense de croire à l'acte surnaturel et arbitraire de la création, un grand Pan toujours répandu dans la vie universelle, dans la séve des plantes et dans la vie des animaux, voilà la

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doctrine qu'acceptent aujourd'hui, sans l'examiner de trop près, la plupart des champions de la science indépendante.

On parle encore de Dieu ; pourquoi pas? C'est le Dieu du dedans et non celui du dehors, c'est le Dieu immanent et non transcendant, c'est le Dieu inconscient qui vit en nous. Ce Dieu s'appellera ici l'idéal, ailleurs l'humanité, au risque de s'attirer l'éloquente apostrophe de M. Quinet : a Oh le curieux fétiche ! Je l'ai vu de trop près... ramper devant cette bête rampante aux milliards de pieds! »

Quant à notre moi, comme il n'est que la manifestation partielle de la substance unique, il ne faut point en prendre trop de souci. Destiné à me dissoudre par la mort au sein de la nature divinisée, je m'y anéantis par avance pendant ma vie. Disons mieux, je ne vis pas. Est-ce vivre que de flotter entraîné par un torrent irrésistible? Ce que le panthéisme mitigé essaye de nier, ce que le panthéisme conséquent d'un Spinosa avoue nettement, l'impossibilité de maintenir la loi morale en présence des lois nécessaires, n'est-ce pas la mort de l'homme ? Et que reste-t-il de lui lorsqu'en lui ôtant le devoir on lui a ôté son dernier atome de liberté?

Au sein de la substance indistincte, où le mal n'est plus que la diversité, où le bien n'est que le retour au centre, Spinosa, le puissant logicien, sent à merveille qu'il n'y a pas place pour le devoir. Aussi, que dit-il, lui l'honnête homme, lui qui pratique une morale élevée et qui cherche à la fonder sur l'intérêt bien entendu ? — « Rien n'est bien ni mal en soi... non-seulement tout homme a le droit de chercher son bien, son plaisir, mais il ne peut faire autrement L'ignorant,

l'insensé n'est pas plus obligé de vivre selon les lois du bon sens, qu'un chat ne peut l'être de vivre sous les lois de la nature du lion. »

Dans les évolutions fatales de la nature, tout est bien à son heure ; le mal (ce que nous appelons ainsi du moins) a lui-même un caractère de nécessité ; le bien ne peut s'en passer, car il se réalise par son moyen.

Reste à savoir pourquoi nous nous repentons de ce qui est nécessaire. Spinosa explique ce fait du remords par l'habitude et le préjugé. Et il faut bien qu'il en soit ainsi, car notre libre arbitre ne s'exerce à aucun degré, et si nous croyons nous déterminer, nous nous faisons illusion. Chacune de nos déterminations n'est qu'une conclusion qui s'impose à nous ; si nous pouvions remonter la longue série des modifications que notre âme a subies et qui se sont enfantées l'une l'autre, nous verrions que, de même que la direction de la vague qui se brise sur la plage est déterminée par tous les flots de la mer, de même nos actes prétendus de liberté ne sont que des conséquences forcées que nous aurions pu calculer à l'avance d'après les formules de la mécanique, pour peu que nous eussions noté tous les termes de la série au bout de laquelle ils se trouvent, (t Le libre arbitre est une chimère, écrit froidement Spinosa... Tout ce que je puis dire à ceux qui croient qu'ils peuvent parler, se taire, agir, en un mot, en vertu d'une libre décision de l'âme, c'est qu'ils rêvent les yeux ouverts. »

Étonnez-vous après cela si Spinosa fait la théorie du despotisme politique, civil et religieux! Les stoïciens eux-mêmes, les plus nobles panthéistes qu'on ait vus sur la terre, n'ont pas rêvé d'autre liberté que l'acceptation

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hautaine des lois du destin. Hegel, dont tant d'hommes qui se croient libéraux se sont proclamés les disciples, absorbait l'individu dans l'État, après avoir enveloppé le ciel et la terre dans les liens du développement nécessaire et des éternelles évolutions.

Mais à quoi bon poursuivre? Ce que j'ai dit suffit, et le lecteur achèvera aisément, si cela lui plaît, la revue des systèmes naturalistes. Je me borne à constater ceci, que partout où la science indépendante s'installe, où le surnaturel est nié, où les lois immuables fonctionnent, tantôt laissant le ciel entièrement vide, tantôt reléguant au fond de ses solitudes glacées un inutile Dieu qui ne peut aimer et agir, la liberté disparaît.

Mieux que d'autres, les hommes de génie mettent en lumière ce fait, que la science qui veut marcher seule ne parvient pas à rester libérale. Malebranche et sa vision en Dieu, Descartes et ses tourbillons ne nous donnent guère l'idée d'un univers où règne la liberté. Quanta Leibnitz, il faut le redire, l'harmonie préétablie entre la série des actes de notre corps et la série des actes de notre âme, nous transporte d'emblée dans le monde des choses sur lesquelles nous ne pouvons rien. Qui parviendrait à se souvenir de son libre arbitre, en considérant ces deux pendules réglées et montées par la main de Dieu, dont les aiguilles sont toujours d'accord et qui sonnent en même temps ?

Demandez aux horlogers ce qu'ilspensent du libre arbitre des pendules! Rendons justice à Leibnitz, il n'introduit pas dans ses horloges une telle cause de perturbation. L'état actuel de chaque monade résulte de son état antérieur (y compris les préexistences) ; cet état actuel détermine à nos yeux ce qu'il y a de meilleur, et ce qu'il

y a de meilleur à nos yeux, c'est ce que nous ne manquons jamais de faire. 0 naïveté des grands esprits !

On conçoit maintenant pourquoi il arrive que la science indépendante rencontre devant elle une science plus indépendante, laquelle refuse d'accepter son mot d'ordre et déclare que les difficultés du surnaturel, si graves soient-elles, ne sont rien en comparaison des difficultés de ces systèmes qui le nient ou qui essayent de s'en passer et qui commencent ou finissent tous par la suppression de la liberté.

Ces systèmes, il est vrai, se présentent à nous revêtus d'une prétendue légitimité historique; voici comment on l'établit. — La religion et la philosophie sont les deux manières de comprendre la vérité, méthode du cœur et méthode de l'entendement, méthode du peuple et méthode des sages, méthode des nations ignorantes et méthode des civilisations avancées. Telle est la marche invariable de l'esprit humain : d'abord les superstitions grossières, puis les cultes spiritualistes, puis la philosophie. Ajoutons qu'après celle-ci viendra le positivisme qui retranche du même coup la philosophie et la religion ; alors régnera la science exacte, bien dégagée et purifiée de toute métaphysique; alors l'algèbre sera le nec plus ultra du progrès. L'humanité ne se sentira arrivée au but que lorsqu'elle ne croira plus qu'aux sacro-saintes mathématiques. Une planche noire sera notre dernière révélation.

Il est fâcheux pour une théorie si ingénieuse que l'histoire qu'elle invoque lui donne les plus éclatants démentis. Le christianisme remplaçant par l'empire de la foi l'empire des esprits forts, la Réforme détrônant

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la Renaissance , le réveil religieux de notre temps succédant au xvme siècle, autant de faits qui ne semblent pas prouver que les périodes se suivent selon l'ordre prescrit. Que serait-ce s'il se trouvait en outre que les hommes les plus éclairés sont maintes fois les plus croyants? Que serait-ce si parmi les pays les plus éclairés figuraient aujourd'hui même les plus pieux, ceux qui ne craignent pas d'arborer bien haut en toute occasion leurs croyances chrétiennes ?

Il n'importe, on tient à cette doctrine des évolutions religieuses, parce qu'elle a le mérite de supprimer la notion même de vérité et qu'elle permet de rejeter l'Évangile sans cesser de l'environner d'hommages.

Rien de plus significatif que la persistance que l'on met à honorer ainsi le christianisme, en même temps qu'on le démolit pièce à pièce. Nous l'avons vue reparaître sans cesse dans le cours de ce chapitre. — Tantôt c'est la distinction des époques : la religion de Christ a été indispensable au temps où elle est venue. Tantôt c'est la distinction des intelligences : la religion de Christ est indispensable aux simples. Tantôt c'est la distinction des besoins : la religion de Christ est indispensable pour satisfaire certaines aspirations morales. .

Somme toute, elle est indispensable, aussi indispensable qu'absurde. Ceci est précis et vaut la peine d'être noté. La science indépendante regarde la piété comme une faiblesse, mais cette faiblesse est nécessaire, et que deviendrait le monde sans elle? A part un petit nombre de positivistes très-absolus, presque tous les ennemis du surnaturel répéteront volontiers les vers de Musset parlant de la croix du Sauveur:

Eh bien, qu'il soit permis d'en baiser la poussière Au moins crédule enfant de ce siècle sans foi, Et de pleurer, ô Christ, sur cette froide terre, Qui vivait de ta mort et qui mourra sans toi.

Beaucoup comprendront que Jouffroy ait pu s'écrier: « La plus grande absurdité imaginable serait que cette vie fût tout. »

M. Renan, qui traite comme on sait le christianisme, peint en traits brûlants ce qui manquerait au genre humain si l'Évangile venait à crouler. Selon lui, il faut beaucoup de religion; une planète où il y aurait beaucoup plus de religion que sur la terre vaudrait beaucoup plus. — « L'homme absolument sans préjugés, écrit-il, serait impuissant. Jouissons de la liberté des fils de Dieu, mais prenons garde d'être complices de la diminution de vertu qui menacerait nos sociétés, si le christianisme venait à s'affaiblir. »

Voulez-vous comprendre ce langage, où le dédain prend l'attitude du respect? Lisez un peu plus loin. — « Notre dissidence avec les personnes qui croient aux religions positives est, après tout, uniquement scientifique. »

Uniquement scientifique ! c'est-à-dire que vous vous bornez à déclarer absurdes et fausses, au nom de la science, ces convictions sans lesquelles il n'y aurait icibas, de votre aveu, ni progrès ni libertés. Du reste, ces convictions, absurdes pour votre esprit, sont adoptées par votre cœur. A ce point de vue du cœur, toutes les religions ne sont-elles pas bonnes? ou plutôt, la religion n'est-elle pas toujours bonne, quelle que soit la folie des religions? Goethe n'a-t-il pas dit : « Peu importe ce qu'on croit, pourvu qu'on croie? » Les sauvages (par-

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donnez ce rapprochement) ne disent-ils pas aussi à nos missionnaires : « La religion des hommes noirs est bonne pour les hommes noirs, et la religion des hommes blancs est bonne pour les hommes blancs? »

C'est le principe païen, on le voit, qui reparaît dans toute sa splendeur. Rien de vrai. et rien de faux! La vérité n'oblige pas! La vérité est affaire de tempérament! Chacun admet ce qu'il a besoin d'admettre, selon ses circonstances, son tour d'esprit, son éducation! — « Comment serions-nous assez insensés pour nous mêler de ce qui dépend des circonstances sur lesquelles personne ne peut rien? » — « Lucrèce et sainte Thérèse, Aristophane et Socrate, Voltaire et François d'Assise, Raphaël et Vincent de Paul ont également leur raison d'être, et l'humanité serait moindre si un seul des éléments qui la composent lui manquait. »

Il est doux de se retirer dans ces régions éthérées, comme un moine du quatrième siècle dans sa Thébaïde. La Thébaïde de la science est bien abritée, on y vit en paix. Tout en accordant aux pauvres humains engagés dans les batailles du faux et du vrai quelques mystiques sympathies, on ne daigne pas, fi donc! se mêler à de si grossières luttes. On conserve ce calme patient de la pensée qui sait que rien ne doit régner ici-bas à l'exclusion de son contraire et que l'harmonie de l'humanité résulte de l'émission des notes les plus discordantes.

Si j'en crois le bruit qui arrive à mes oreilles, notre génération accepte mieux les doctrines de ces nouveaux sages que leurs conseils. J'entends parler d'un mouvement qui inscrit sur sa bannière : Guerre à Dieu! J'en conclus qu'il n'est pas facile de récolter la vénération

pratique du christianisme quand on a semé le mépris scientifique des dogmes chrétiens. Les gens qui ont respiré cette malaria antichrétienne ne sont pas les mieux portants du monde, et les âmes simples sont sujettes à penser que ce qui est faux dans le cabinet des savants ne peut être vrai dans la vie du peuple. L'incrédulité brutale, qui est un progrès sur l'incrédulité bienveillante et respectueuse, commence son œuvre de démolition. C'est un progrès, je le répète; car la sincérité et la vérité sont proches parentes. Qui rejette, croit encore aux droits de la vérité; qui ne rejette ni n'accepte, ou, si vous aimez mieux, qui rejette poliment, en engageant les hommes à rester dans le christianisme sans y croire, sape et renverse dans les profondeurs de l'âme humaine la notion même de vérité.

Cette notion, hélas! est attaquée aujourd'hui de toutes parts. Il n'est presque pas un mot de l'Évangile que ne parviennent à prononcer certains adversaires de l'Évangile. Ils parlent de Jésus avec enthousiasme; ils célèbrent sa divinité, que sais-je? — Ne faut-il pas maintenir la religion populaire? Elle est si grande d'ailleurs cette religion; où trouver une expression plus haute de la vie morale? Il est vrai que Jésus est un imposteur ou un fou , car le surnaturel est impossible, par conséquent l'incarnation et la révélation. Au reste, ce détail importe peu. Nous nions tout, mais nous n'attaquons rien. Nous démontrons que l'Évangile est un mensonge, mais nous vous engageons à rester chrétiens. Nous essayons de ruiner toutes les croyances de votre esprit, mais nous respectons toutes les émotions pieuses de votre cœur. Nous nous élevons jusqu'aux régions de la

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science pure où ne pénètrent pas les vulgarités de la polémique ; mais Dieu nous préserve d'offenser la foi de personne!

On l'a rappelé, les soldats romains s'inclinaient devant Jésus en disant : « Nous te saluons, roi des Juifs; » puis ils lui frappaient le visage.

Quand on ne veut plus qu'une religion pour le peuple, on touche à l'heure où le peuple n'aura plus de religion. Quand on nous recommande de garder la religion de nos pères, on touche à l'heure où les fils achèveront de rejeter ce que les pères ont cru.

Qui n'a remarqué, dans la Revue des Deux Mondes *, ce morceau de M. Cousin où, parlant de ses rapports avec Hegel, il s'exprime ainsi : a En religion, ses sentiments n'étaient pas fort différents. Nous étions tous les deux convaincus que la religion est absolument indispensable, et qu'il ne faut pas s'abandonner à la funeste chimère de remplacer la religion par la philosophie. Dès lors, j'étais fort partisan d'un concordat entre ces deux puissances : l'une qui représente les aspirations légitimes d'un petit nombre d'esprits d'élite, l'autre les besoins permanents de l'humanité. »

Le christianisme étant a la philosophie des masses, h en même temps qu'il est « la religion des philosophes, n il est clair qu'il n'est la vérité pour personne. A un tel point de vue, on comprend ce cri d'esclave : La religion de nos pères !

Avons-nous une âme à nous? Y a-t-il une vérité, oui ou non? Fermerons-nous les yeux? Arrêtons-nous les battements de notre cœur? Déclarerons-nous vrai ce qui

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