‹ La liberté morale (volume 3)Chapitre 119 sur 196 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l'égoisme

Délivre-moi du niai ! c'est-à-dire délivre-moi de moi-môme. Si la délivrance du mal renferme toutes les délivrances, on peut dire que l'égoïsme renferme tous les péchés.

Aussi quelle servitude il crée ! Penser à soi, encore à soi, toujours à soi, se chercher et se trouver jusque dans les œuvres de dévouement et de charité, s'enfermer dans l'étroit cachot des préoccupations personnelles, ne jamais respirer une bouffée d'air libre, ne jamais connaître un de ces élans désintéressés qui portent si haut les nobles âmes, telle est la condition des égoïstes.

Gomme je n'ai aucunement l'intention de faire leur monographie, j'écarte (le lecteur m'en saura gré) tous les développements où je pourrais entrer. Contentonsnous, à titre d'exemple, de prendre la classe plus inoffensive des égoïstes, ceux qui, doués d'ailleurs le plus souvent de diverses vertus, s'abandonnent à la fatale et douloureuse volupté des analyses intérieures. Ils s'étudient, ils se contemplent ; je ne dis pas qu'ils s'admirent, mais ils ne se perdent pas de vue. La loupe en main,

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