‹ La liberté moraleChapitre 100 sur 122 · Les Perses · texte numérisé non relu

Les Perses

moderne de la nature. Pour mesurer le progrès qui s'est accompli sur ce point, il suffirait de retourner un moment aux paysages de Tél^maque,

D'un autre sentiment, très-moderne aussi et qui date de l'Évangile, la noble mélancolie, la conscience de ce qui nous manque à la société et à nous, la douleur de notre plaie secrète, a jailli la poésie lyrique. Vraie poésie, celle-là, qui suffirait à justifier notre révolte et que la tradition latine n'a jamais connue.

Voyez Voltaire, en eflfet, il confond parfaitement la poésie et les vers; il fait des vers charmants et se croit poète. D'autres hommes d'esprit et qui font aussi des vers charmants sont restés fidèles aux vieilles doctrines. Tel d'entre eux, armé vaillamment en guerre contre la révolution triomphante qui vient d'afiranchir la littérature, mourra s'il le faut pour la bonne cause; les ruines l'écraseront mais ne l'effrayeront pas,

Impavidum ferient i^incBé

J'ai eu la bonne fortune, assez rare, de rencontrer ici un progrès de la liberté morale accompli chez nous et de notre temps; on comprendra que j'y aie insisté. Je n'éprouve, au reste, aucune haine pour l'antiquité classique et je ne répète pas le vieux cri de bataille : « Qui nous délivrera des Grecs et des Romains ! » L'ennemi, ce n'est pas le latin, auquel tant de choses nous rattachent et dont le style lapidaire a contribué à la formation de ce que nous avons de mieux, notre prose, si ferme et si nette ; c'est, répétons-le encore, la tradition latine, c'est-à-dire l'imitation.

Partout reparait le lien qui unit les questions de

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