DANS LA LITTÉRATURE
vérité et les questions de liberté. Qui imite rfest pas vrai; qui imite n'est pas libre. Une littérature d'emprunt, des idées et des formes qui ne sortent pas spontanément de notre sol, une scolastique en un mot, voilà ce que nous avons rejeté. Ne parlons ni de classiques ni de romantiques, le romantique a déjà sm imitateurs et par conséquent ses esclaves; parlons d'esprits courbés devant les autorités et d'esprits allant droit au beau sans trop s'inquiéter de savoir si ce beau a reçu l'autorisation d'exister.
L'homme est un, rintelligence et le cœur se tiennent; quand rintelligence est plus ou moins asservie, il est difficile que le cœur soit tout à fait indépendant. Là est le plus grand côté peut-être de la révolution littéraire à laquelle nous avons assisté et qui a procédé d'un élan moral, d'un besoin de vérité. La tradition latine avait d'autres inconvénients que ses genres réglementés, sa poésie didactique et ses tragédies toutes taillées sur le même patron ; elle nous donnait l'habitude du convenu, elle nous détournait de faire nousmêmes nos affaires et ruinait dans le domaine des lettres les bases du self govemment.
Il y a, je le sais, d'autres despotes que les modèles ou les règlements surannés, et Ton peut être très-fier vis-à-vis des anciens tout en étant très-plat vis-à-vis de l'opinion régnante et du goût du jour : nous avons vu des écrivains qu'on n'accusera pas de servilité classique, fabriquer en vue du succès une pitoyable littérature de commande. Il est certain néanmoins que la liberté générale n'est pas sans rapport avec cette liberté particulière dont je viens de parler ; les peuples libres ont rarement connu ces merveilles trop long-
4ft3 TRADITIONS LATINES DANS LA LITTÉRATURE.
temps Tantëes« la discipline littéraire, la centralisation littéraire, l'administration littéraire* Elles ne paraissent guère qu'aux époques d'absolutisme, et Rome même ne les a possédées que lorsque, penchant irers le despotisme, elle s'est mise aussi à pencha versTimitation des Grecs.