‹ La liberté moraleChapitre 65 sur 122 · DI£Q · texte numérisé non relu

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U y a des causes profondes de liberté, comme il y a des causes profondes de servitude. Je vais en indiquer quelque&-unes; il sera d'ailleurs d'autant moins nécessaire de les énumérer toutes et de les exposer systématiquement» que nous n'avons pu traiter la première partie sans entamer un peu la seconde. En disant ce qui nous rend esclaves, nous avons presque dit ce qui doit nous rendre libres.

Autre observation préalable : si certaines doctrines dont nous avons déjà parlé reparaissent encore ici, ce n'est plus à titre de doctrines. C'est la façon d'y croire et de les appliquer à la vie qui nous occupe maintenant. U existe, en effet, plus d'une façon de croire en Dieu, par exemple, et tel homme dont l'esprit admet

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le Dieu unique, le Créateur, le Père céleste, ne retire de cette vérité nul atome d'indépendance personnelle. Deux professions de foi, exactement semblables en théorie, produiront deux vies parfaitement opposées. Et n'allez pas supposer que Tune d'elles soit hypocrite et mensongère ; il sutïit qu'elle demeure à la superficie. Nous avons des croyances à fleur de peau qui ne renouvellent pas un seul de nos sentiments, qui ne changent en rien notre attitude morale, qui ne nous relèvent et nous affranchissent en aucune façon. Nous ne nous arrêterons point à celles-là.

Le lecteur me pardonnera ces répétitions plus apparentes que réelles et dont au reste je ne prétends pas abuser. Un seul dogme, à vrai dire, reparaîtra devant pous ; mais comment ne pas y revenir? Que signifieraient les causes de liberté si elles ne commençaient par Dieu?

Dieu est la base de la liberté. Lorsque Voltaire, bénissant le petit-fils de Franklin, prononçait ces deux mots ; God and liberly, il proclamait une vérité que son prodigieux esprit avait entrevue, mais dont son cœur n'avait pas mesuré toute la portée. Croire en Dieu, c'est un affranchissement; la vie en est transfigurée. — Je crois en Dieu; donc je suis obligé, donc ma vie a une règle, donc je suis gardé au dedans contre les asservissements du dehors, donc je suis libre. Je crois en Dieu; donc je sais qu'il existe une justice, un droit, une liberté. Je crois en Dieu ; donc je suis aimé, et les tyrannies, quelles qu'elles soient, ne m'intimident plus.

Le premier effet de la foi en Dieu, c'est de mettre en nous la prière, la prière filiale, qui raconte tous les

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