‹ La liberté moraleChapitre 66 sur 122 · DI£U · texte numérisé non relu

DI£U

isoins, qui demande toutes les délivrances, la prière [ùi n*est ni une gymnastique morale, ni un rite, une récitation ou une sèche pratique, la prière du cœur, la prière continuelle. Qui croit en Dieu, vit avec Dieu, marchant sous son regard, s'attendant à lui quoi qu'il arrive, ' à l'heure des joies, et à celle des tristesses, et à celle des chutes, et à celle des amertumes, et à celle des découragements.

; La vraie prière est une libératrice ; la plupart des grands hommes libres d'ici-bas ont été des hommes de prière. Songez à ces géants, auprès desquels nous ' sommes si petits, à ces témoins, à ces martyrs qui, en ■ prison, aux galères, sur les bûchers, dans l'exil, dans i la pauvreté, dans les séparations poignantes, dans les 'déchirements inexprimables du cœur, n'ont cessé de L demeurer fermes. Sans remonter jusque-là, n'avez-vous jamais remarqué sur votre chemin des âmes fortes, sereines, pacifiées, qui sont en même temps des âmes , Irès-vivantes, où brûlent d'énergiques passions , où palpitent des sympathies ardentes, et ne vous êtesvous pas demandé si un tel spectacle d'indépendance est naturel sur notre terre corrompue?

Ah! la force morale, cet autre nom de la liberté, est chose assez rare ici-bas pour qu'on s'arrête à la contempler. Hawthorne nous en a donné le n^ot dans un livre d'enfants bien digne d'être lu par les hommes faits K — Comment Hercule a-t-il vaincu Antée? Comment nous-mêmes vaincrons-nous l'Antée qui nous assaille à chaque pas? En le séparant de la terre qui lui ; rend sa vigueur. Quand nous avons pris notre ennemi

' ^* Le Livre des Merveittei.

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entre nos bras et quand nous l'avons porté en haut, notre triomphe est certain, La prière porte en haut et présente à Dieu tous les tyrans qui nous asservissent, l'inquiétude, la crainte du monde, les doutes, les tentations, et par-dessus tout le péché.

Essayons d'étudier de plus près encore l'affranchissement par la fbi en Dieu. Qui dit foi dit confiance. Trop souvent elle manque : maint chrétien se montre moins joyeux et paraît se sentir moins en sûreté que ceux qui n'ont pas de père au ciel. Les plus faibles accidents de la vie su£Ssent à le troubler ; il a des te^ reurs d'esclave.

Pourquoi cela? Nous l'étonnerions^ bien, si nous lui disions, ce qui est vrai pourtant, qu'il ne croit pas en Dieu. Lorsque la foi est réelle, elle ne nous laisse pas traîner ainsi dans les bas-fonds, elle nous fait monter sur les hauteurs, vers les « montagnes d'où nous viendra le secours. » — Voici un chagrin ; je le sens, et trèsvivement, mon Père céleste me l'a envoyé pour que je le sente; mais c'est mon père qui me l'a envoyé. Voici une inquiétude ; je n'y suis point indifférent ; mais mon père est là, il m'aime, il me garde, il sait mieux que moi ce qui m'est bon.

Le jour où la confiance en Dieu se grave en nous, nous mettons le pied sur le rivage de la paix ; déso^ mais nous respirerons à l'aise, nous serons forts et nous serons libres. Désormais ne se posera plus pour nous la question angoissante et terrible :

O demain, c*est la grande chose!

De quoi demain sera-t-il fait?

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