DIEU
Que nous dijvîendrons faibles, si nous ne courbons la tête en balbutiant la grande parole : Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux I
Plus d'une fois j'ai vu de mes yeux ce spectacle, le plus beau qu'on puisse contempler sur la terre, une âme bien tendre, bien aimante, j'oserai dire bien inconsolable, et qui a trouvé la paix dans son abandon aux mains de Dieu. « Comment veux-tu que je n'aime pas Dieu? » écrivait M"»« de la Ferronnays après le naufrage de son bonheur. Nos simples paysannes pieuses en disent autant. Il en est qui, ayant chéri, soigné leur enfant avec des délicatesses d'affection, une grâce, une passion et, n'en déplaise au préjugé, une poésie que la vie des champs n'éteint certes pas, ont baisé la main qui. les frappait. Elles ont gardé l'aflDliction qui sanctifie et rejeté celle qui asservit. Au travers de leurs larmes elles ont vu le ciel, et les belles demeures de làhaut, et la volonté de Celui qui aime mieux leur enfant qu'elles ne l'ont aimé. Elles ont vu cela, et elles ont relevé la tête, prêtes à poursuivre vaillamment le combat de la vie, le cœur plus ferme, plus décidées à remplir tous les devoirs, l'âme plus ouverte aux tendresses et même aux joies*.
C'est que la soumission ne va pas sans la reconnaissance, de même que la confiance ne va pas sans la soumission. Confiance, soumission, reconnaissance, tout cela tient dans la foi en Dieu. Les cœurs brisés et soumis dont je viens de parler étaient des cœurs recon-
i. On comprend pourquoi, parmi les douleurs, je nomme celle des mères.
naissants, il fait bon se souvenir des Kenfaits de notre Père céleste. Chacun d'eux est une consolation et une promesse; ajo'itons que chacun d'eux est une lumière qui éclaire les problèmes angoissants de nos destinées. Je ne sais pourquoi Dieu me frappe; mais je me rappelle qu'il m'a délivré. Je ne sais pourquoi il me refuse aujourd'hui ; mais je me rappelle qu'il m'a exaucé cent et cent fois. En vérité, la foi sans reconnaissance est bien hésitante , la prière sans reconnaissance est bien molle, la confiance sans reconnaissance est bien imparfaite. Quant à la soumission sans reconnaissance, elle est impossible.
Que c'est grand, croire en Dieu ! Que c'est beau, l'affranchissement par la simple et vraie foi! La jeunesse se retire, les forces s'en vont; cependant quelque chose naît en nous, quelque chose de jeune et de fort. Ce quelque chose, c'est la libertét