CHAPITRE II
Nous venons de définir l'homme libre : un esclave de Dieu. Nous^ aurions pu dire aussi : un esclave de la justice, de la vérité, du devoir. Tels sont les nobles esclavages qui sont la condition même de la liberté. Sans eux nous ne saurions prononcer le mot décisif et libérateur : tt Je ne puis autrement. »
Ce mot est le cri de notre guerre d'indépendance. La vérité au-dessus de tout, la justice au-dessus de tout, le devoir au-dessus de tout ; c'est-à-dire Dieu au-dessus de tout. En dehors de cela, nous sommes désarmés; et qui nous défendra contre la soif du succès, contre les mauvaises ambitions, contre les mauvais calculs, contre ce qui asservit et contre ce qui abaisse, si nous ne sommes les serviteurs du devoir?
« Obéir à Dieu, c'est la liberté*, » écrivait Sénèque, qui semble avoir puisé sans le savoir aux sources évangéliques. Après avoir vu la liberté qui sadt croire, voyons cdle qui sait d'obéir. Notre second chapitre, au fond, n'est que la continuation du premier. Vous