LA LIBERTÉ DANS L*ÉDUGATION
Ce que j*ai dit doit suflSre; les causes de liberté que je n'ai pas indiquées dans la crainte d'être Irop long se pr^nteront d'elles-mêmes à Tesprit du lecteur. Si j'ai atteint mon but, j'ai mis en lumière l'idée principale : l'indépendance morale, menacée et poursuivie par une nuée d'ennemis, a trouvé les sûrs remparts derrière lesquels cesse le péril. Le mal nous asservit et le bien nous affranchit; c'est à oette vérité très-simple que notre étude nous a incessamment ramenés. Les vérités simples sont les vérités vraies; elles sont de plus, et ceci est étrange, les vérités inconnues. La découverte du simple est la dernière que nous fassions.
Au moment de quitter le sujet si grave qui nous a occupés et d'aborder notre cinquième livre, il me vient un remords qu'on voudra bien comprendre et pardonner; je me reproche de n'avoir pas signalé un nouveau point de rencontre de la famille et de la liberté. Ces coïncidences de deux études successives ne doivent être, ce me semble, ni multipliées ni évitées. Il y aurait affectation à ne pas dire quelques mots de la liberté dans l'éducation.
S98 GAOSES DE LIBEKTÛ»
VÈmik de Rousseau aborde la question par son petit côté : Quelle est la limite précise de l'autorité des parents? — Pour peu que Rousseau eût été père, il n^aurait pa» trouvé que le problème fût bien difficile-, et il ne Tau^ rait pas résolu par un affreux paradoxe, que le cœur, la conscience et le bon sens ont refusé de prendre au sérieux. Décidément, si Dieu a créé la famille, c*est qu'elle a quelque chose à faire et à dire ; s'il a placé auprès de l'enfant un père et une mère, c'est qu'il a voulu qu'une influence s'exerçât sur ses sentiments et sur ses idées. Avant d'avoir ses idées à lui, l'enfant a celles de ses parents; cela est dans Tordre. Sa liberté n'en est pas affectée le moins du monde : la famille Félève, comme elle le nourritr Faudrait^il aussi que,. sous prétexte d'indépendance, les marmots à la na»* melle gagnassent leur vie dès le premier jour?
11 va sans dire d'ailleurs qu'à mesure que l'eniâiit deviendra un homme, la direction devra se la* treindre. La théorie ici est moins aisée que la pra* tjque; un instinct sûr guide les par^ts, et aucun de ceux qui élèvent véritaUement ne s'y trompe. Influer n'est pas violenter ; l'amour, qui a toutes les délicatesses, ne songera jamais à employer le gilet de force; loin de redouter le développement spcmtanÀ d'une âme précieuse , il a besoin de sentir qu'elle vit de sa vie propre, qu'elle connaît sa responsabilité, qu'elle se détermine, qu'elle choisit, qu'elle pense et qu'elle (»t>tt.
Que certains parents prétendent mouler leurs enfants d'après eux-mêmes, qu'ils /irritent de leur émancipation graduelle et qu'ils s'efforcent de les temr trop longtemps aux lisières, je ne le nie point, bien que te cas soit rare. Nous avons aujourd'hui une tendance tout