‹ La liberté moraleChapitre 89 sur 122 · LA LIBERTÉ DANS L'ÉDUCATION · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ DANS L'ÉDUCATION

opposée, nous aKoos droit à la mauvaise indépendance.

* le ne connaï? pa^i de ^gne plus significatif de relâ* cbement de no5 liens de famMte. Il est évident que lorsqu'on cherche à abréger sa besogne de père, lorsqu'on vfee an pins court et qu'on ' tâche d'élever le mmns possible, nne thèse d'apparence libérale (ce qui ne gâte rien) s'offre naturellement à Tesprit : respcctcms la liberté de nos enfants, gardons-nous de surveiller leur conduite et de peser sur leurs sentiments I

Vous connaissez cette théorie.— Je laisse mon fils libre de choisir son genre de vie. Je laisse mon fils libre de choisir ses amis. Je laisse mon fils libre..... Nous n'osons pas dire jusqu'oîi de braves gens , fort peu libéraux de leur nature, étendent en pareille matière leurs doctrines de liberté. De mon temps on ne nous traitait point ainsi : déjà grands garçons, nous trouvions fort nature! et fort doux que nos parents s'informassent de nos relations et de nos actes; îb nous avertissaient; ils nous guidaient, et nous n'en étions pas moins libres.

Les enfants les plus tendres et les plus soumis sont aussi les plus libres. Leurs impressions sont naïves; leur conscience, tenue en grand honneur, donne une base solide à leurs convictions: leur âme est trèsvivante, et par cela même très-énergique et très-individuelle. Ils auraient horreur de s'insurger contre une autorité vénérée, et en même temps ils sentent sui^ir une à une devant eux les grandes responsabilités de l'existence. Ne craignez pas qu'ils pensent à s'y soustraire et qu'ils donnent charge d'eux-mêmes à qui que ce soit. Laissez -les grandir, ils s'affi-anchiront sans

s'émanciper; hommes de devoir, ib seront hommes de liberté.

Telles sont les limites que Dieu a posées de sa main; tel est le mode de libération progressive qa*îl a institué. N'est-ce pas pitié de songer qu'au lieu de cela un progrès prétendu nous donne des pères et des enfants qui se débarrassent à Tenvi de leurs devoirs? Chacun tire de son côté; on évite de se gêner. Dieu sait quels caractères se forment ainsi et ce que gagne là l'indépendance morale 1

Nous avons, je Tai dit, abordé par son petit côté le problème de la liberté dans l'éducation ; mais le petit nous a vite conduits au grand. Nous ne demandons plus où doit s'arrêter l'autorité paternelle et maternelle, nous demandons ce qu'elle doit être. Voilà la vraie question en matière d€ liberté.

Pour que nos enfants deviennent e&pables de se conduire, comment faut-il les conduhre? — !1 faut d'abord imprimer profondément dans leurs cœurs le sentiment du devoir. En d'autres termes, il faut le% placer nette« ment et sans ambages sous le régime de rautorité. Nous n'en viendrons à nous gouverner que si nous avons été gouvernés, si nos âmes ont pris le pli de l'obéissance et du respect. Rien ne vaut cela et ne remplace cela. Ce vide de l'obéissance, quand il existe pendant la jeunesse, ne se comble pas plus tard. De^ viennent les enfants gâtés, qui le seront jusqu'à leur blanche vieillesse, ces êtres déplaisants et impuissants qui ne déploieront aucune vigueur, qui ne se gêneront pour personne, qui ne sauront jamais ce que c'est que de &ire un sacrifice au devoir^

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