‹ La liberté politiqueChapitre 10 sur 66 · I. 23 août · texte numérisé non relu

I. 23 août

spirituel; quand elle établit la gratuité de la justice*, le jury en matière criminelle*, et Tappel en matière civile*, îa publicité des débats^, Tégalîté des partages dans les successions ab intestat etitre les héritiers de même degré sans distinction d*âge ni de sexe'; et TÀssemblée législative ne fait que suivre les traces de sa devancière, quand elle appelle par un décret' tous les bienfaiteurs dé l'humasité à jouir en France des droits de citoyen. En vertu de ce décret, Thomas Payne, Anglais, siégea parmi les juges de Louis XYI. Ce représentant du peuple françips ne savait pas la langue de sa patrie adoptive. Chaque jour on entendait proclamer au nom de Dieu, dans, le sein de l'assemblée, le droit éternel. Les grands orateurs faisaient de la tribune une chaire, entourée de vingt-six milUons de disciples. Ces chefs de la première Révolution avaient le langage, les tendances, le caractère des sectaires religieux. Us en eurent aussi la destinée '•

Si la Révolution française s'était bornée à des réformes intérieures, si elle n'avait pas sans cesse rappelé le droit, et promulgué en quelque sorte la morale, non-seulement elle n'aurait été qu'une réforme, mais encore elle n'aurait été que française. Or, on ne peut nier qu'elle a été universelle. Les réactions ^ui l'ont suivie, et qui ont triomphé dans la plupart des Etats, n'ôtent rien à cette vérité. Cette date de 1789 est la grande date de tous les peuples. BeaucoupT d'institutions sont tombées à cette date; celles qui ne sont pas tombées se sont transformées; quelques-unes qui paraissent vivre, ne sont plus que des ombres. Dans la pratique de tous les peuples et dans la spéculation de tous les peuples, est la trace philosophique de la Révolution française. Les écrivains et les publicistes qui la combattent la subissent malgré eux. Ils sont comme illuminés de ses éclairs.

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