‹ La liberté politiqueChapitre 11 sur 66 · janYier 4791, — 6. 42 mars 4791. ~ 6. 40 août · texte numérisé non relu

janYier 4791, — 6. 42 mars 4791. ~ 6. 40 août

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Le malheur de la Révolution, c'est que les événements ont nui à la marche de l'idée. Les intérêts; comme il arrive, se sont jetés à la traverse des principes. Au lieu de poursuivre aveo sérénité l'œuvre de la Constituante^ des démagogues sont venus qui, ne sachant pas attendre, et désespérant de convaincre, ont remplacé le droit et la démonstration par la force. Aussitôt le caractère philosophique de la Révolution s'est effacé. Les luttes de parti ont énervé l'esprit public, les coups d'État et les usurpations se sont succédé, et les gouvernements n'ont pensé qu'à se maintenir, abandonnant tour à tour quelqu'une des doctrines de l'Assemblée constituante, à mesure qu'ils avaient besoin de consolider leur conquête et de s'armer contre la liberté. C'est le malheur des temps agités que l'individu se défie toujours du pouvoir qui se fortifie, et que le pouvoir s'efforce toujours de contenir l'essor de l'individu. On ne songe de part et d'autre qu'au parti , et non au pays. A un moment, le drapeau libéral et révolutionnaire s'est trouvé dans les mains d'une bande de parvenus qui n'aspiraient qu'à restaurer à leur profit les places, les honneurs, les privilèges, dont ils avaient violemment dépouillé les royalistes. Des représentants du peuple qui, pendant leurs missions, avaient fait régner l'égalité par la terreur, se transformèrent en courtisans dans les salons du Directoire; ils devinrent comtes ou barons sous l'Empire et prêchèrent la doctrine de la monarchie absolue. Le peuple, en voyant défiler ces sénateurs affublés de leur manteau de soie, se rappelait la carmagnole et Técharpe républicaine. Encore si on avait rougi de ces conversions effrontées I Mais on cherchait à les expliquer, à les justifier, à les glorifier; on inventait d'incroyables sophismes pour montrer qu'on était toujours dans la révolution et dans la même révolution; on commençait à préférer ouvertement l'habileté à la conscience, et à prétendre que le véritable homme politique était celui qui se maintenait aux affaires sous tous les gouvernements. On appeldit cela servir le

pays. Ce n'était pas la faute de Fouchë s'il Pavait servi comme moine sous l'ancien régime , comme tribun sous la Terreur, et comme duc d'Otrante sous TEinpire. Dans les Gent-Jours, presque tous ceux qui tenaient la tête de la société par leur position officielle donnèrent l'exemple de !roiB ou quatre apostasies en moins de trois mois ; on ne les comptait plus. Quand le sénat, ce même sénat dont Napoléon disait : «Un signe de ma part était un ordre pour le sénat, qui toujours faisait plus qu'on ne désirait de lui ^ ; » quand ce sénat courut avec empressement au-devant de l'invasion, ne songeant dans le malheur de la patrie qu'à stipuler la conservation de son argent, il ne fut que conséquent avec la nouvelle doctrine qu'il avait déjà pratiquée et enseignée. Il restait au pouvoir et gardait ses dotations , par excès de dévouement patriotique ! Les gouvernements tour à tour chassés et rappelés étaient à peine plus scrupuleux. Us gardaient les mêmes ministres et les mêmes laquais. On en était quitte pour les frais d'une cocarde et d'une aune de galon. A quinze jours de distance, le même homme envoyait des royalistes en prison, ou courait sus aux bonapartistes. Un chef de cor[)S mettait son habit de gala, courait dans une salle où il y avait la plupart du temps un crucifix et le buste fraîchement replacé d'un souverain, et après une exhortation énergiquft qui ne faisait ni rire ni trembler personne, car l'apostasie, à force d'être viilgaire, ne paraissait plus ni odieuse ni grotesque, il recevait, pour l'empereur ou pour le roi, le serment des fonctionnaires, sauf à recommencer quinze jours après. Que de grands hommes nous avons vu conduire au cimetière avec toute la pompe publique, entourés des hommages de la société officielle et des respects de l'opposition libérale, et qui seraient couverts d'opprobre si l'on mettait sur leur tombeau, pour unique épitaphe, la liste et la date de tous leurs titres I C'est par cette

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