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Déclaration du 43 septembre

5. « Si la pluralité dans nos cours forçait ma volonté, la monarchie ne «erait plus qu'une aristocratie de magistrats. » (Discours du roi, 4 7 avril 4 788.)

4. c La volonté du roi, pour être Juste, doit varier suivant les provinces. » C'est-à-dire qu'elle doit se conformer aux diverses traditions locales. (Remontrances du 4 mai 4 788.)

6. c Le régne du feu roi, marqué par tant de lits de jus lice, Test aussi par l'excès des impôts, des emprunts et des profusions. » {Ibid.)

était vrai dans les griefs des parlements, la ruine, la corruption, le despotisme ; mais il n'avait pour lui ni la constitution (il n'y en avait pas), ni une tradition constante, ni la force. L'aristocratie parlementaire se servait de la liberté comme d'un manteau pour couvrir ses droits et ses procédures barbares, son attachement fanatique aux privilèges et à la tradition, son horreur de tous les progrès, son ambition et son népotisme ^ Ce semblant de droit politique, revendiqué par une cour de justice sous un monarque absolu, ne pouvait ni être subi par le roi, ni être pris au sérieux par le peuple, et n'aboutissait qu'à d'interminables intrigues*.

4 . Il y avait des ramilles de robe chez lesquelles les magistratures étaient en quelque sorte bérédilaires, non-seu'emcnt par la prérérence qui leur était donnée, mais par la paulette, étabje en «604, par les brevets de retenue sur les grandes charges, et par le concert des magistrats entre eux pour arriver à ce résultat. Le parlement de Paris, dans ses remontrances du 8 décembre 4787, avoue assez haut(>ment cette quasihérédité. « Qu'il nous soit permis, sire, de vous représcnier qu'en nous dévouant au service public, en lui consacrant nos Toriunes, nos veilles, noire existence, en élevant nos eorants pour les mêmes sacrifices, nous n'avons pas cru nous destiner, et nos enfants, i de pareils malheurs, moins encore à de pareils outrages. »

2. Les parlements de province exerçaient aussi leur droit de remontrance, et, comme celui de Paris, rerusaient Tenregisiremont. Quand Louis XV, en 1763, voulut proroger des impôts dont le terme était expiré, en créer de nouveaux, et contraindre la plupart des créanciers du Trésor à subir une réduction forcée, tous les parlements s'unirent à la résistance de relui de Paris. Le cabinet prit partout des mesures sévères, qui rencontrèrent une résistance inllekible. Les parlements de Rouen, de Toulouse, de Grenoble donnèrent leurs démissions en masse. Le duc de Fitz James, gouverneur du Languedoc, mit les membres du parlement de Toulouse aux arrêts dans leurs maisons. Après tout ce développement de force, ce fut le ministère qui c^da. Il n'était pas rare de voir un intendant, ou même un commandant de province, décrété d'ajournement personnel. Quelquefois, au-dessous d'un ordre de l'intendant affiché au coin des rues, le parlement faisait amdier une défense d'obéir. L'issue de ces conflits était très-variable ; mais en somme les victoires des parlements sont plus nombreuses que leurs défaites.' Ces allernatives usaient également la royauté et la magistrature. Le vice de toute cetie organisation était surtout flagrant quand les parlements se divisaient, et qu'un édit, enregistré dans certaines cours,

Qu'il y eût dans le parlement des citoyens et des magistrats dignes des plus beaux temps de l'antiquité ; qu'à côté de l'esprit de caste et de routine, de l'envie d'empiéter et de se grandir, on trouve dans l'histoire de ce grand corps un fond persistant de patriotisme, un profond atta- , chement à la légalité, une horreur légitime du pouvoir absolu, des vues sages et élevées sur la pondération des pouvoirs et les droits réels de la natipn, c'est ce qu'il n'est pas permis de méconnaître, et ce qui explique la popularité des parlements à diverses époques, et les hésitations de la cour devant cette autorité qu'elle avait tant de moyens de briser. Il était regrettable que le parlement ne fût pas ce qu'il prétendait être , c'est-à-dire un corps politique, représentant légitime des vœux de la nation, et armé du pouvoir nécessaire pour contre-balancer le despotisme royal. Le parlement tirait toute sa force d'une hypothèse.

En dehors du parlement, qu'opposait-on au pouvoir royal? Quelques rêveurs, comme le duc de Saint-Simon, voulaient faire revivre la pairie, prétention mille fois plus absurde que celle du parlementa La pairie, qu'étaitce, qn*une ombre vaine de cette ancienne puissance, égale ou supérieure à la puissance royale, qui ne s'était guère exercée pacifiquement, et qui s'imposait, aux temps de la féodalité, par cette solide rsiison de la force, la seule qu'on connût alors? Le' duc de Saint-Simon lui-même avait l'un des premiers rangs parmi les pairs de France, et sa pairie ne remontait pas plus haut que son père, un favori de Louis XIII, élevé à cette éminente dignité parce qu'il savait bien sonner du cor. Non, la pairie n'était rien en France. Elle donnait le droit de siéger au parlement, et d'y opiner du bonnet, le droit aussi de porter un manteau d'hermine et un chapeau à bouquet de plu-

éuil dans les autres Tobjet de remontrances ei de refus d'enregistrement.

\, Voy. Mémoires de Saint-Simon, t. XI, pages 270, 270.

mes, le droit pour les femmes de s'asseoir sur un tabouret au cercle de la reine : n'était-ce pas d'assez grandes prérogatives^ et le duc de Saint-Simon n'était-il pas bien exigeant de demander une juridiction et une action politique pour les pairs de France^ pour ces gentilsl^ommes par excellence, dont les pères, comme dit L'Estoiie, savaient « porter en un cor sans baver? »

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