II PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION
d'être un gouvernement fort, et de supprimer la vie politique pour assurer la sécurité des intérêts. Tant qu'il est vraiment fort, il remplit tout son programme.
Nous avons la République. Avons-nous la liberté?
Si nous regardons la constitution, quoiqu'elle ne soit pas parfaite (aucune constitution n'est parfaite), nous sommes libres.
Avec le suHrage universel, deux chambres qui se contrôlent Tune l'autre, la possibilité de terminer tes conflits par des moyens légaux, un pouvoir électif et tempor lire possédant, dans sa plénitude, le droit de diriger l'administration, on a les organes principaux de la liberté.
La question est de savoir si chaque pouvoir se maintient dans la sphère qui lui est assignée par la constitution et par la raison. Car si un des deux pouvoirs empiète sur l'autre, le domine, l'asservit,, la constitution n'est plus qu'un mot, et la liberté s'évanouit. La grande difticulté, la difficulté maîtresse de tout gouvernement constitutionnel, est donc de trouver un modus vivendi entre le pouvoir qui fait les lois et celui qui les applique, ou, pour parler plus simplement et plus pratiquement, entre la chambre des députés et le ministère.
Le moyen, pour l'Empire, était la candidature officielle. Le préfet, dans son déparlement, était maître du député, parce qu'il l'élisait; et le ministre, à Paris, était maître de la chambre, par la même raison.
Aujourd'hui, la situation est non pas seulement différente, mais contraire. La difficulté achangéde place. Le gouvernement ne fait plus les élections. Il ne voudrait pas les faire, quand même il le pour-