PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION. HT
rait; et il ne le pourrait pas quand même il le voudrait. Le gouvernement n'inspire donc aux députés ni reconnaissance ni crainte. Ils sont tout à fait indépendants vis-à-vis de lui. Cela est bon. Mais le gouvernement, en revanche, est tout à fait dépendant vis à-vis d'eux; cela est mauvais, et trës-mau-^ vais. Le vice de TEmpire était l'oppression du pouvoir législatif par le pouvoir exécutif : le vice de la République est, ou pourrait être, si l'on ne recourt pas au moyen nécessaire, Toppression du pouvoir exécutif par le pouvoir législatif.
La polémique des partis attribue ce dernier ré^ sultat à Tune de ces deux causes : l'ambition d'une majorité, ou du chef d'une majorité, dans le parlement; et, dans le gouvernement, le défaut d'initiative et d'énergie. Peu importe à la philosophie que ces circonstances se produisent ou ne se produisent pas à l'heure présente, il sufQt pour elle qu'elles puissent se produire, qu'elles soient dans Tordre des probabilités. C'est uniquement de cette probabilité qu'elle doit prendre souci ; et il est clair que si elle ne parvient pas à la prévenir ou à la combattre, elle n'aura pas assuré la séparation des pouvoirs et fondé définitivement la liberté.
D'escellents esprits croient que la substitution du scrutin de liste au scrutin d'arrondissement peut avoir pour effet d'émanciper le pouvoir exécutif. Toutes les questions électorales ont une importance considérable, parce qu'elles influent sur la composition de la chambre*, il n'est pas aussi évident qu'elles modifient les rapports de la chambre avec le gouvernement. L'indépendance qu1l s'agit de imuvegarder, est celle du cabinet considéré comme corps politique; ce n'est pas celle des chefs de bureau.