Rapport sur le budget de
M. Passy, réclaïua pour ce travail six mois et un crédit de quatre-vingt millle francs^ Un examen pins attentif fit comprendre que M. Passy avait singulièrement réduit aft demande, et le gouvernement déclara que si Ton joignait aux pensionnaires de l'État ceux des départements et des communes, la publication ordonnée n'exigerait pas moins de cinquante volumes in-4^ de six cents pages, et qu'elle entraînerait, en frais de personnel et de matériel, une dépense de plus de cinq cent mille francs. Pour comprendre la difficulté, il faut souger à la multitude des chefs de service, à la différence des règles dans les administrations diverses, aux fonctions temporaires, à celles qui ne sont que de simples commissions, et dont la rétribution ne pèse qu'indirectement sur le budget. Les rapports détaillés qu'on distribuait autrefois aux Chambres n'étaient que des sommaires ; il y avait des allocations en bloc de plusieurs millions, qui ne prenaient qu'une seule ligne; et pourtant les tableaux où ces chifEres étaient alignés prenaient les proportions d'un volume formidable.
Prenons pour exemple la marine. Il y a d'abord l'armée de mer, qui compte un grand nombre d'officiers et de 80us-o£Gciers, depuis l'amiral jusqu'au contre-maître et au caporal d'infanterie. Il y a l'état-major des vaisseaux, celui des ports, celui de l'artillerie, celui de l'infanterie. Il y a le commissariat ; il y aie contrôle. Il y a le génie maritime, le service de santé. U y a aussi un corps de gendarmerie spéciale. U y a ou il y avait la chiourme. Il y a le service des vivres, et des approvisionnements de toutes sortes. Il y aies aumôniers. Il y a les conseils de guerre, les musées ou saintes-barbes, les bibliothèques. Il y a l'école de marine, les examinateurs de marine, les ingénieurs hydrographes, le dépôt des cartes. Il y a tout ce qui constitue l'arsenal, les maîtres et contre-maîtres d'ouvriers, le gardiennage, l'emmagasinage. Il y a des art'stes peintres et