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Loi du 20 mars 1813 sur l'aliénation des biens communaux

donnels rendus nécessaires par Temprunt ou par le

gaspillage? c'est la commune : personne ne la remplacera

, dans le désir et dans la capacité de faire des économies.

Même pour les matières étrangères à l'administration municipale, le gouvernement deviendra plus facile quand lés citoyens, habitués à gouverner une commune , connaîtront les conditions et les difficultés réelles d'une administration. Ils se rendront compte du motif de toutes les mesures, ils verront les objections et les conséquences; ils sauront supporter une gêne, ils sauront attendre. Us ne' mettront plus comme aujourd'hui la responsabilité du gouvernement partout. A l'heure qu'il est, quand les vignes ont coulé, quand les épis ne rendent pas, on se plaint du gouvernement. G*est insensé, et c'est presque juste. Il succombe également sous le poids des occupations dont il se charge, et sous celui de la responsabilité qu'il assume. C'est mal servir l'ordre, en vérité, que de condamner le pouvoir central à la maladresse ou à l'impopularité.

Tout le monde veut des places et de l'autorité : c'est un résultat de la centralisation; que de gens entravés, gênés, garrottés, se croient libres uniquement parce qu'ils ont le pouvoir de gêner les autres, et parce qu'ils ont à gouverner d'autres affaires que les leurs I Un second résultat, c'est que le gouvernement seul peut donner des places et de l'autorité. C'est là, dit-on, une grande force pour lui, un grand moyen d'administration. Il n'en est rien. A chaque place qu'il donne, il lait un heureux et vingt mécontents. Il n'est entouré que de mendiants, et servi que par des flatteurs. Il est obligé de créer des places, non parce qu'il y a une fonction, mais pour qu'il y ait un fonctionnaire. Il fait nécessairement de mauvais choix, qui le discréditent. Le nombre immense des mécontents et des disgraciés n'a d'autre espoir que de renverser l'ordre établi, et de faire le lendemain une curée. Toutes ces places sont une ruine permanente pour le budget, une entrave permanente pour les affaires, un appàX poux \.ou\a% \^% ^^oi.-

bitioDS. On se dit : « Ayons notre tour I » Le vrai, c'est d'émanciper les communes, de retrancher cette immense quantité d'agents du pouvoir central qui set aient immédiatement remplacés par les élus du peuple; d'ouvrir à une ambition honorable la voie des fonctions municipales; de rendre les citoyens maîtres chez eux pour qu'ils n'aspirent pas à être maîtres chez les autres; de les accoutumera préférer le produit du travail au revenu d'une p at^e. Voilà les conditions^ la voie royale de Tordre. Le gouvernement, partout et toujonrs, les places innombrables, les agents imposés, ne sont que de la compression.

Il j a tant de choses dans un État, tant a'iotérêts opposes, tant de révolutions dans les intérêts, qu'où a peine à comprendre l'uiiliiéd'un agencement qui, en rendant tont solidaire, ne permet pas aux citoyens d'efiectuer eux-mêmes les menues réformes dont ils sentent le i»esoin. Quand il faut ou tout subir ou tout changer, quand il n'y a pas de moyen terme, la société est sous le coup d'une per^/étuelle menace. Le secret de rendre les révolutions impossibles, c'est d'empêcher qu'elles soient désirables. Ii y a un terrible malentendu entre les hommes, parce qu'ils confondent Tordre avec la compression, et la liberté avec l'anarchie. Le vrai parti de Tordre, c'e^t le parti de la liberté'.

Il n'est pas bon qu'il y ait dans un pays le pouvoir d'un côté, et le simple citoyen de l'autre. Cela n'est bon ni pour le pouvoir, ni pour le citoyen. Le pouvoir est plus précaire quand il ebi unique, et sa chute, si Aie arrive, ne laisse rien su^tsLster. Tout tombe avec c» colosse. La famille et la profiriéié se trouvent menacé^'S par une révolution qui n'aurait dû emporter qu'une forme politique. La liberté communale a ce double effet de rendre les révolutions plus rares et moins complètes. L*hidtoire permet

I. « Les progrès du gonvcmement consistmi suriont danfi la snhtlitii* tion graduelle de l'acliviié de la société à celle d^ I ><ilitiini8ir«Unii, M de la police judiciaire a la pi»iice adiuinittraiive. » (M. Duuoyer, Lm U" btrte du Travail, l. 111 , p, 873.)

d*ajouter que cette liberté est aussi un puissant rempart contre l'inva-ion étrangère. Tant que la commune est solide, la société n'est pas compromise dans les agitations purement politiques. Le toit peut être emporté par une tempête, mais les fondements demeurent '•

3<> l'association volontaire.

Les mêmes raisons qui rendent indispensable l'accroissement et la consolidation de la commune, qui est une association nécessaire et naturelle, obligent aussi à considérer l'association volontaire, pourvu qu'elle se fasse au grand jour et n'essaye pas de se soustraire à Taction des lois répressives, comme une des conditions essentielles de la liberté et un des fondements de l'ordre. Je ne parle pas des associations politiques qui, lorsqu'elles ODt pour but de transformer le gouvernement, ne sont que des conspirations; ni par conséquentde l'Association internationale des travailleurs, qui est devenue^ dans ces derniers temps, une sorte d'agence pour porter au pouvoir les ennemis de la liberté, de la propriété et de la civilisation. Je parle uniquement de l'association des intérêts. Dans ces dernières ann<^es, sous l'influence des idées saint-simoniennes et de la doctrine fouriériste, l'association était devenue à la mode. On la rêvait partout; on la regardait comme une panacée universelle. Tantôt on prêchait l'as-

4. «11 exi»te nn mnyen de diminuer la poistance des gonvernemenls aa profit de la liberté ei du bonheur des peuples : il consiste dans rapplication de cette mas^inie dnns la déclaration des droits que je vous ai présenlée : « La loi ne p»* ni d** fendre que ce qui est nuisible à la sociéié, elle ne peut « ordonner qn«^ ce qui idi est utile. » Fuyez la manie ancienne des gou» Ternements, de vouloir trop gouTerner; laissez a^x individus, laissez aux familles le droii de faire ce qui ne nuit pas i autrui; laissez aux communes le droit d régler elles-mêmes leurs propres affaires, en loui ce qui ne tient pas a i'ailmiiiisii-aiion générale de la République. Rendez à la liberté individuelle loui ce qui n'appartient pas nalnrellemeni è Pautorité publique, et v«»ii8 aurez laissé d'autant moins de prise à Tambition et à Tarbitraire. » (Discours de Robespierre à la Convention, 40 ai»\\1^%>v

308 LA LIBERTÉ POLITIQUK.

sociaiioD limitée et volontaire, et tantôt on voulait établir une association absolue, embrassant nécessairement tout le monde et toutes choses. Rien, au fond, ne se ressemble moins que l'association volontaire et limitée et l'assodation universelle. Entre l'une et l'autre, il y a la liberté : c'est tout un monde. L'association universelle n'est rien moins que le communisme; Tassocialion volontaire et limitée est une des grandes forces, une des grandes ressources, une des grandes espérances de la société et de la liberté. Une faudrait pas que le juste discrédit où sont tombées les doctrines qui voulaient tout réformer étourdiment, et nous rendre heureux malgré nous par des moyens ou frivoles ou coupables, atteignît le principe même de l'association, qui est fécond et excellent; et il ne faudrait pas non plus désespérer de l'association limitée, à cause des espérances puériles qu*on avait fait naître dans certains esprits. A en croire les enthousiastes, les ouvriers n'avaient qu'à s'associer pour produire mieux, avec plus de bénéfices peureux, et à meilleur marché pour les acheteurs ; et les consommateurs, de leur côté, n'avaient qu'à s'associer, pour obtenir immédiatement de meilleures marchandises à meilleur compte. La raison, disait-on, en était fort simple ; l'association dès ouvriers supprimait le patron, et lassociation des consommateurs supprimait le marchand. On ne songeait pas qu'on supprimait du même coup le crédit et le talent; ou du moins un genre de talent très- nécessaire à l'industrie et à l'humanité, celui do diriger et celui d'échanger.

Mais, sans partager l'exagération des utopistes, sans oublier que lacondition de l'association pour les ouvriers est de transformer le salaire fixe en salaire aléatoire, tandis que la dépense reste invariable pour le plus grand nombre parce qu'elle est bornée au nécessaire ; sans méconnaître que certaines industries ont besoin d'être nourries par le capital, attachées à une responsabilité nominale, et dirigées par une intelligence spéciale et excep-

tionDelIe; que le commerce, de son côté, est un art trèscompliqué et très-difficile, et qu'un grand marchand qui sait commander à propos, écouler ou emmagasioer à propos, proportionner l'offre aux besoins, répondre immédiatement à la demande, ou la provoquer en créant de nouvelles ressources, rend un immense et indispensable service à la production et à la consommation, il faut bien admettre que les associations entre capitalistes, entre patrons, entre ouvriers, ou même les associations mixtes, ouvrent à l'humanité une carrière toute nouvelle ; et à présent que le temps a fait justice des folies de l'école saintsimonieûpe, et que les anciens Pères ne peuvent plus regarder sai^s rougir ces fameuses jaquettes qui ont fait tant de bruit e4 1830, il n*est que juste d*avouer que cette école mêlait à ses bizarreries un grand fonds d'idées élevées et fécondes, et qu'aucune doctrine n'a contribué davantage à donner, par l'association, un nouvel essor à l'in iustrie, au commerce et aux grands travaux d'utilité publique*. Il y a, dans notre organisation actuelle, deux motifs de tenir à l'association : l'un, c'est l'extrême division des fortunes; l'autre, c'est l'excessive extension des droits de l'État. En Angleterre, où les fortunes sont considérables, un particulier peut faire une fondation ; icij pour fonder quelque chose, nous avons indispensablement besoin de nous réunir. Chez nos voisins, où la liberté individuelle est garantie, et non-seulement la liberté passive, qui consiste à ne pas être attaqué dans son bien et dans sa personne, mais la liberté active, qui consiste à pouvoir user de son talent et de ses capitaux sans être entravé par la force publique, un simple citoyen peut aller de l'avant, par ses propres ressources ; il n'en est pas de même pour nous, qui avons à subir tant de formalités, à demander tant d'autorisations, à passer par tant de filières : nous uflerions nos forces, notre patience, notre crédit, nos

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