PRÉFACE DE LA CINQUIÈME EDITION
tions et aux monopoles. De même que les vaincus ont un sophisme particulier qui consiste à confondre la défaite avec l'oppression, les victorieux ont aussi le leur, qui les pousse à se fortifier dans la possession de leurs conquêtes, aux dépens des principes. Souvenons-nous de notre glorieux passé. Nous sommes les libéraux. Arrivés par la liberté au pouvoir, allons-nous à notre tour gouverner à outrance? Sans doute il est dans la nature humaine de croire que tout va bien, quand on se sent soi-même heureux ; de croire qu'aucun droit n'est menacé quand on jouit paisiblement des siens. Il n'est pas moins naturel de chercher à fortifier le pouvoir quand on le possède, et & l'amoindrir quand on le subit. Mais ce sont là des faiblesses mortelles. C'est manquer & la fois à la sagesse politique et à Thonneur, que de changer avec le succès. Celui-là seul aime la liberté, qui aime la liberté de ses ennemis. Celui-là seul aime son pays, qui le veut libre. Celui-là seul comprend la nature et l'avenir de la République, qui ne sépare pas la cause républicaine de la cause libérale.
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