‹ La liberté religieuse: 3:e édChapitre 18 sur 31 · V. BUNSKX ET SAINT RIPPOITTB · texte numérisé non relu

V. BUNSKX ET SAINT RIPPOITTB

plus rien; c'en est fini des interminables querelles de rÉglise et de TÉtat. Contre des prétentions sacerdotales, ce n'est plus César qu'on invoque, c'est le droit du peuple chrétien réuni en congrégation. Avec ces mots de peuple et de synode le charme est rompu, les prétentions politiques du prêtre sont à tout jamais anéanties.

C'est ainsi qu'en faisant à la raison une part légitime, sans détrôner la foi, et qu'en appelant à son aide l'histoire et la critique, l'école nouvelle espère concilier la religion et la philosopliie; noble entreprise, quelle qu'en soit l'issue, et digne d*intérêt pftur ceux même que des convictions religieuses ou philosophiques empêchent de croire au succès. On peut crier à l'utopie ou poursuivre de Tanathème ces essais hardis; mais il est sensible que ce mouvement est celui du siècle, c'est l'esprit du temps qui pousse l'Allemagne et l'Angleterre- vers une nouvelle réforme. La liberté pohtique est sortie de la liberté religieuse du seizième siècle , aujourd'hui le progrès religieux sort du progrès politique. Les idées nouvelles sont le fruit de cette liberté de recherche et de discussion que le christianisme ne redoute pas, car il est la vérité. Personne, du reste, n'est plus assuré que M. Bunsen de cette étroite Haison des deux libertés religieuse et politique qui ne sont qu'une même chose sous deux noms divers, c'est-à-dire l'indépendance de la pensée , et la pensée c'est l'homme tout entier. En plusieurs passages de son Hvre il défend cette opinion avec une extrême vivacité, démontrant une fois de plus qu'en dépit de l'abus qu'on a trop souvent fait de son nom, le christia.iisme est l'ami de la liberté et ne peut vivre que par elle. Rare exemple donné par un personnage

politique , aans le temps où nous sommes , et gui ajoute encore & Tonginalité du liirre et des idées de M. Bunsan.

on voit quel intérêt pousse 4 Tétude des origines chrétiennes les protestants de la nouvelle Réforma. Ce qu'ils cherchent dans les usages primitifs de TÉglise, ce n'est P^^s comme autrefois la condamnation de certains dogmes Pu de quelques cérémonies, c'est une liberté qui, suivant eux, est de {'esseuce même du cbristianî^mQ* Ce besoin d'indépendanpe, le désir d'en prouver la légitimité ont amepé, surtout en Al^ lemsgne, des travaux et des recherches considérables. Sans parler d'innombrables traités qui souvent, il est vrai, ne renferment que des opinions particulières, tontes les ressources de l'érudition et de la critiqua moderne? ont été mises en œuvre pour rétablir ou confirmer l'intégrité des textes canoniques, pour nous donner dans toute sa pureté la pensée des premiers Pères de l'Église. Ainsi a été renouvelée la littérature religieuse, et non pas dans un intérêt de parti, mais comme une richesse commune offerte à tous les chrétiens.

En France, la renaissance religieuse a été, elle aussi, naturellement accompagnée d'un réveil littéraire; mais tandis qu'en Allemagne c'est aux trois premiers siècles qu'on s'attachait de préférence, chez nous on s'est renfermé dans le moyen âge , c'està-dire dans les siècles où la papauté a brillé de son plus vif éclatJ On a vengé d'injustes dédains des hommes qui ont été la lumière de leur temps. On tnous a fait comprendre la philosophie de saint Thomas et de toute cette école de théologiens scolastiques qui, après tout, a marqué l'esprit moderne d'une empreinte qu'il garde encore. Rien de plus louable

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