‹ La liberté religieuseChapitre 12 sur 33 · XXVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVI PRÉFACE

Lorsqu'un peuple remet à l'administration le soin de ses propres affaires, cette confiance excessive estelle au moins pour l'État une cause de grandeur et de prospérité? Non, les gouvernements paternels sont les plus faibles de tous, et la raison en est simple. On parle toujours de l'État, comme s'il avait une existence distincte, on en fait une personne, le tuteur des faibles, le directeur des ignorants; l'État n'est rien de tout cela; ce n'est pas une personne, c'est la réunion d'un certain nombre d'officiers qui administrent les affaires de tous. La richesse de l'État, c'est notre argent ; la force et l'industrie de la France, ce sont nos bras, c'est notre génie. Quand le citoyen, livré à lui-même, et ne comptant que sur lui, est éclairé, actif, énergique, l'État est puissant; quand le sujet est mou, sans lumières et sans volonté, l'État est faible ; voilà pourquoi, à population égale, un pays libre sera toujours plus considéré que ses rivaux. L'Angleterre est bien moins peuplée que la Russie ; la France a moins d'habitants que l'Autriche, le Piémont est un des plus petits pays de l'Italie ; qu'est-ce qui fait donc la supériorité de ces États? La liberté. Chose singulière, et qui devrait ébranler nos préjugés. Les peuples les plus puissants sont ceux qui sont le moins administrés. Cette loi est écrite à toutes les pages de l'histoire; Athènes, Rome, Florence, Genève, la Suisse, la Hollande, la Belgique, l'Angleterre, les États-Unis, tous ces pays, petits ou grands, qui ont remué le monde dans le passé, ou qui s'emparent de l'avenir, n'ont jamais connu de cenlralisaliou • c'est une vérité qui nous crève les

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