‹ La liberté religieuseChapitre 2 sur 33 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

bertés qui se tiennent, deux droits naturels que la Société reconnaît, mais qu'elle ne crée pas.

Ce n'est pas en notre qualité de citoyens, mais en notre qualité d'hommes, c'est-à-dire d'êtres intelligents et moraux, que nous avons avec Dieu des rapports où le monde n'entre pas; chacun de nous est né pour chercher la vérité; la vérité n'est pas en la puissance des princes, et ce n'est pas la loi qui l'établit. Si un souverain, quel qu'il fût, roi ou assemblée, pouvait décider de la vérité, ce souverain serait Dieu. Chacun de nous est né pour cultiver son âme, pour conformer librement sa volonté à la volonté divine, notre foi ne concerne donc pas les autres hommes; notre salut est personnel, et ne regarde que nous. L'État n'a pas d'âme, les intérêts qu'il gouverne s'arrêtent aux portes du tombeau ; d'où lui viendrait son droit sur les choses qui ne sont pas de la terre? Nous lui devons l'obéissance civile, et rien de plus; notre conscience nous reste tout entière. A César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu. La loi du Christ, comme le dit si justement l'Apôtre, est la loi parfaite de la liberté'.

L'indépendance des Eglises n'est que la garantie de la liberté de conscience. C'est parce que chacun de nous est maître de son âme que chacun de nous a droit d'exiger que les lois ne gênent pas sa religion. Comment chercher la vérité, comment pratiquer ce qu'elle ordonne, si l'Etat protège une Église, autrement dit s'il épouse un syjnbole, et nous impose

* Ép. saint Jacques i, 25.

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