PRÉFACE. IX
des doctrines que notre conscience repousse. Oiiaiid cette protection est exclusive, comme on le voit en Suède et ailleurs, c'est une tyrannie; quand elle se partage, c'est une atteinte à la justice et à la religion. Que la loi civile se borne aux intérêts de la teire, qu'elle ne se mêle point de ce cp.ii se passe entre Dieu et nous; on le comprend à première vue; mais si l'habitude ne nous aveuglait, si nous a\ions le cœur chrétien, que penserions-nous d'un Etat qui protège également quatre croyances contraires, et qui prêche d'exemple l'indifférence religieuse en favorisant à la fois l'erreur et la vérité ?
C'est à la défense de ces deux libertés que cet ouvrage est consacré. La liberté religieuse , c'est la grande question de l'avenir. Partout et toujours, dès qu'on creuse un sujet moral ou politique , on se. trouve en face du même problème et de la même solution. A chaque page, mon livre répète cette vérité solennelle, c'est là, je l'espère, ce qui en fera la nouveauté et l'intérêt.
Je ne m'excuserai point d'aborder des questions religieuses; il est regrettable que la religion tienne si peu de place dans nos études. On en fait un domaine à part, un terrain sacré où nul autre qu'un théologien n'a droit d'entrer. Dès qu'un laïque veut traiter de religion, ce ne sont pas les fidèles seuls qui s'eflraient, et qui crient qu'on touche à l'Arche sainte, les philosophes même détournent la tête, et regardent l'entreprise comme une témérité de mauvais goût. Parlezvous de la morale de l'Evangile, les. philosophes en font l'éloge avec une éloquence sincèiequi rappelle la